Je ne résume pas l'histoire, tout le monde la connait.

Une vision surperficielle (entretenue par des crétins de banlieue et des "intellectuels" libéraux) du film laisserait penser à croire que Scarface est une ode à la réussite individuelle (voir le laïus de Montana au début du film contre Castro) et à la réussite par la violence et le banditisme.

Mais c'est oublier un peu vite les réflexions de Tony, parvenu, dans sa baignoire géante, lorsqu'il regarde la télé. Il se rend compte que plus il monte dans l'échelle sociale, plus la crasse s'accumule et que les banquiers, les politiciens, tous se sucrent (et sans risques, eux) sur son dos.

Scarface est donc un film qu'on ne peut qualifier politiquement, tout le monde passe à la moulinette : le communisme, le capitalisme et même l'anarchie (qui vit par le feu périra par le feu). Si certains 9-3 rêvent d'être Tony Montana, ils ont du oublier comment le film se termine.

tony_montana_dans_son_jacuzzi
je crois que la déco plairait pas à renaud camus

 

Culturellement, on pourrait croire que seul l'esprit latin, l'effroyable machisme de Tony (qui entrainera sa déchéance) est dénoncé (non : pas "dénoncé", plutôt étalé de la manière la plus crue), mais bien au contraire, conformément à sa ligne politique, De Palma frappe tout le monde, les machistes latins comme les hypocrites WASP.

 

Cinématographiquement, je n'ai rien à dire : la manière dont le réalisateur utilise la caméra m'est totalement indifférent. Ce qui me plait au cinéma, c'est avant tout les acteurs et l'histoire. Si après, le réalisateur est bon, tant mieux, mais bon...

Cela dit, je vois mal comment on pourrait critiquer la scène finale (ou la BO du film, certe datée, mais toujours excellente ) . Outrancière? Oui, et alors? Montana EST outrancier, ça existe, des gens comme ça, il est normal que le film reflète l'état d'esprit du personnage principal. La grandiloquence est omniprésente durant tout le film : dans les couleurs, les décors, les costumes, le langage, la baignoire, la violence, etc. Faire un Scarface sobre n'aurait aucun sens.

En cela, on peut donc rejeter sans hésitation les critiques estimant que Pacino "surjoue". (et puis après tout, "surjouer" n'est pas donné à n'importe qui, seuls les plus grands y arrivent. Suffit de penser à Clavier...).

sosa
une bonne tête de libéral latino de latifundia

 

 

 

 

 

Maintenant, une question me taraude : si Montana avait du affronter Michale Corléone, qui l'aurait emporté?

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(ancien lingane, 14 mars 2006)

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