("note additionnelle" n'était pas l'expression que je cherchais, mais elle me reste sur le bout de la langue, quelque chose comme "addenda", mais pas exactement ça...)

Un lecteur m'a envoyé un mail cette nuit (mais pourquoi diable envoyer un mail au lieu d'un commentaire ? Y'a pas assez de commentaires* par rapport au nombre de visites, bougez-vous faignasses!), soulignant une éventuelle contradiction dans mon texte, lorsque je parlais de la prédominance des mâles blancs hétérosexuels catholiques (on va dire MBHC pour la suite). Ce lecteur me dit que cette prédominance était surtout le fait d'une minorité, bien qu'elle soit MBHC.

En réalité, il n'y a pas du tout contradiction, mais oubli de précision d'une nuance de ma part. Car ce lecteur a raison, évidemment, ces MBHC qui créaient le mouvement étaient, statistiquement, une minorité, mais socialement, et bien plus, une élite.

Cette élite avait le double avantage, par rapport à la situation contemporaine, de représenter la masse (masse qui était bel et bien BHC, à défaut d'être 100 % mâle) et, ce faisant, d'être le modèle. Modèle qui, comme je le disait hier, pouvait permettre de s'élever, de donner l'exemple, et cela à tous, sans distinction de fortune ; et pouvait aussi permettre de contester. L'adversaire était là, présent, franchement, solide.

Les "élites" contemporaines ne sont plus du tout comme cela. Au contraire, elles flattent la minorité, rejettent absolument leur identité d'élite, donc ne produisent plus de modèle social, c'est sans doute l'explication à ce paradoxe souligné par Renaud Camus de ce double mouvement, l'un vers l'inégalité financière, et l'autre vers l'égalité sociale, sociétale, civilisationnelle, vers la vulgarité. L'élite d'hier, c'était l'archevêque, l'académicien, le mécène, l'aristocrate déchu, bref, la civilisation bourgeoise qui connut son apogée vers 1914 et dura, vaille que vaille, jusqu'aux années 70 (j'aurais tendance à penser que son écroulement visible date bien plus de 1981-Jack Lang, que de 1968-Cohn-Bendit). L'élite d'avant-hier, c'était les princes et ducs, marquises et comtesses, cardinaux et mousquetaires du roi, bref, la structure féodale, assouplie, de gré et surtout de force par l'influence royale, cet artisan des intérêts du peuple qui n'avait pas les faiblesses du peuple mais ses meilleurs instincts.

Les élites, aujourd'hui, c'est Nicolas Sarkozy, ses goûts, ses amis, ses lieux de vacance. Elite vulgaire, au service unique de l'argent (seul critère "rationalistement" calculable, si je puis me permettre ce pléonasme), soutenu par la minorité, l'esprit de la minorité (donc DES minorités, si l'on m'a bien compris), une élite qui ne se conçoit absolument plus comme modèle civilisationnel, mais comme syndicat de défense des possédants.

*brice_hortefeux_262195
nno comment

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*de commentaires dignes de ce nom, je veux dire ; pas ceux, grotesques, tel ceux commis par "nationaliste jacobin", le petit prof qui voit des SS partout.

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