(Fragments) (si vous n'aimez pas le tourisme, lisez quand même, les critiques croustillantes viennent un peu plus bas)

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Ancien grand centre de la conserverie et grand port de pêche, ancienne ville de 20 000 âmes, ancien bastion communiste (première ville de province à élire un maire PCF), Douarnenez possède trois ports. Le Rosmeur (port de pêche, en net déclin), le Port-Rhu, ria transformée en musée flottant, et le port de Tréboul, port de plaisance.
(ci-dessus, vue sur le Rosmeur)

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la ville, vue de la plage du Ris

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le bas du port-Rhu, ancienne vasière, sise près de Pouldavid, le quartier pauvre de la ville.

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l'île Tristan, ancienne île privée, maintenant visitable, sise entre le Rosmeur et le port-Rhu

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Vue entre le port-Rhu et le port de plaisance.

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Douarnenez possède plusieurs plages, ici la plage des Dames (notez en haut à droite les HLM, nombre d'entre elles ont belles vues sur la mer, une municipalité communiste, ça a quand même quelques avantages, même si l'esthétique de ces HLM gâche un peu le paysage).

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Plage de Kervel (ou Trezmalaouen, je confond toujours ces deux plages aux noms hideux)

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la plage du Ris

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Un restaurant de cuisine bretonne ma foi fort bien situé.

Bien, ça, c'était le côté touristique de la ville (incomplet, hélas), passons maintenant au désastre !

Avec tout d'abord ce magnifique cadeau des plus gros pollueurs de la région, j'ai nommé les agriculteurs (ces connards ne méritent pas le beau titre de paysan), agriculteurs votant massivement pour la FNSEA/UMP, bien sûr.

Quel cadeau ? Mais des tonnes d'algues vertes, bien sûr, dont j'ai appris récemment qu'en plus elles dégageaient des gaz toxiques.

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(et en effet, ça puait sévère, ce jour-là, j'ai peut-être risqué la mort, qui sait ? Que ne ferais-je pour vous, chers lecteurs !)

Connaissez-vous le bruit d'un pied s'enfonçant dans cette mélasse verte ? Imaginez un mélange de boue et de papier crépon encore sec, ajoutez quelques myriades d'insectes divers, terminez par une substance très glissante, vous avez votre bruit !

Ces algues sont le fruit de l'épendage du lisier (donc agriculture productiviste, donc commission de Bruxelles, donc libéralisme, donc vous, bande de cons de mauvais électeurs !).

Mais l'agriculture bretonne, c'est aussi le maïs, grand consommateur d'eau, producteurs de champs moches comme tout (on est loin des doux champs de blés dorés). Au final, la campagne bretonne est sans doute une des plus laides qui se puisse imaginer (dans le genre prosaïque), jugez plutôt :

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ça donne envie de bailler, non ?

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Douarnenez a connu une magnifique période de reconstruction, après-guerre, lorsque les habitants ont désertés les appartements minuscules et sombres de la vieille ville pour des zones résidentielles, qui, on va le voir, ne ressemblent en rien aux zones pavillonaires d'aujourd'hui. Pourquoi ? Oh, juste un petit détail, ces nouveaux quartiers sont fait de maisons construites en pierres.

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...comme ici à Ploaré (le quartier des paysans)Photo_087

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...ou ici à Tréboul (notez le grand nombre de murets de pierre, la diversité non-criarde des maisons, l'irrégularité joyeuse des rues et la présence importante de la flore).

Malheureusement, et par un phénomène difficilement compréhensible, puisque la population ne cesse de diminuer, de nouveaux quartiers résidentiels apparaissent sans cesse, d'un aspect disons...moins esthétique.

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(dire que certains s'émeuvent d'un vulgaire tsunami pendant que jour après jour, ces choses grignotent toujours plus de terrain).

Cela dit, nos édiles municipaux (ou départementaux, ou régionaux, vive la décentralisation !) ont eu la délicatesse d'accorder leurs bâtiments à ce style.

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(ici un commissariat, ou un dispensaire médical, ou une ANPE, enfin bref...)Photo_088

ici, une future thalasso, construite là ou se tenait, il y a trente ans, une ligne de chemin de fer.

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...et voici où se trouvait la gare. Belle idée, ça, de nos politiques, de supprimer le réseau ferré au lieu de profiter de notre potentiel électrique nucléaire pour mailler le territoire de façon élégante et intelligente (c'est la même chose), nous mettant ainsi à l'abri d'un des méfaits du pic pétrolier.

Cela dit, nos édiles n'ont pas oublié l'art, non non non ! Pour égaler les pauvres ploucs semi-débiles du moyen-âge et du XVIe siècle (vous savez, ces gens qui mourraient de faim, écrasés d'impôts, tout en criant "vive le roi", ah les cons!).

Ainsi, pour égaler nos églises...

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...comme l'église Saint-Herlé de Ploaré

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(notons que la moindre église bretonne prend des airs de cathédrale face aux ridicules édifices religieux provençaux ou italiens)

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(même si bon... les travaux de rénovation auraient pu éviter les sacs poubelle bleus...)

Mais ne nous égarons pas, nous parlions de la politique des beaux-arts de nos édiles, destinée notamment à surpasser les artisans médiavaux, à qui nous devons ce genre de choses :

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...ou encore le charmant jardin ci-dessous :

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Et donc, pour surpasser tout cela (on y arrive enfin!), fut inaugurée, voici un quart de siècle, la statue de Laënnec, célébrité locale, inventeur du stetoscope.

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on dirait un mélange entre le style "île de Pâques" et Frankenstein, mais bon, c'est que mon avis, hein...

Notons que cette chose est placée dans le charmant jardin que vous avez pu admirer deux photos plus haut.

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Mais la connerie contemporaine se trouve partout, si on cherche bien, ainsi, de cette ballade dans le bourg proche de Kerlaz (quelques centaines d'âmes), on trouve quelques perles, mais voyons tout d'abord une photo du village tel qu'en lui-même il est resté inchangé durant mon enfance et mon adolescence :

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Bon, ça casse pas des briques, mais voilà une architecture solide, une sorte de SMIC-beauté, qui, s'il n'enchante pas plus que ça, n'agresse pas l'oeil non plus.

Après, ça commence à dégénérer...

-Novlangue "sympa" (comme dirait Renaud Camus) de notre bonne Big Mother, pour nous infantiliser (à ce stade, autant nous hurler dans les oreilles que nous sommes des débilos)...

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-villa "j'me la pète" totalement grotesque avec ses colonnes débiles, son muret hideux et son style aussi peu breton que possible (sans oublier l'universelle, désormais, peinture "crème/saumon")...

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-autre bicoque tout aussi laide (notons le nom breton, pour faire couleur locale)...

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-encore un pavillon couleur crème...

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-Et pour finir, cette superbe zone pavillonnaire, si française !

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Et des nouvelles zones pavillonnaires comme cela, il en a poussé au moins une dizaine dans le canton, canton dont je rappelle qu'il décline démographiquement et économiquement (ils seront bien avancés, quand tout le canton sera saccagé comme ça, puisque plus personne ne viendra visiter).

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Terminons ce léger et trop bref aperçu d'une ville moyenne de Bretagne occidentale par ce symbole du déclin de l'Etat français, fils de l'Etat royal : les panneaux billingues. Il faut savoir en effet que personne, même dans cet extrème-occident de l'Armorique (là ou, logiquement, se trouve le plus de bretonnants -des nonagénaires, pour la plupart, des extrémistes gauchistes ou nazis crottés et fans de biniou pour le reste), personne, donc, ne prononce les noms de villes ou de villages tels qu'ils sont inscrit sur les panneaux ci-dessous :

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(notez que ces abrutis finis traduisent même des expressions comme "centre-ville" ou "le port".

Abbé Grégoire, Barère, François Ier, Malherbe, revenez, ils sont devenus fous (ou traîtres, c'est selon ; vive la république, meure la France...).