On a beaucoup raillé la politique des nationalités de Napoléon III (notamment Jacques Bainville et tous les nostalgiques de l'empire austro-hongrois, bref, les pseudo-réalistes et les nostalgiques des empires).

Et pourtant, seule une Europe constituée d'état-nations ethniquement grosso modo homogènes, avec frontières basées sur les frontières ethno-linguistiques peut garantir une paix extrêmement durable. A condition bien sûr d'y ajouter une sorte de "société des nations" européenne, ou chaque Etat s'engagerait à porter les armes contre tout pays agresseur et impérialiste.

En somme, la "sainte alliance" du congrès de Vienne de 1814 n'était pas une mauvaise idée, mais elle ne pouvait pas fonctionner puisque protégeant des empires, entités politiques par définition instables. L'idéal serait un congrès de Vienne soutenait les principes de Napoléon le Grand (c'est-à-dire le neveu, n'en déplaise à cet abruti de Victor Hugo).


Voici l'Europe telle qu'elle pourrait être si l'on suivait ce principe. On y trouvera forcément à redire, mais une politique générale de référendums règlerait tous les litiges.
(Notons tout de même que ces référendums concerneraient les populations de souche. On pourrait ainsi avoir un Kosovo albanais, mais pas une Seine-Saint-Denis malienne).

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  • l'Irlande serait réunifiée
  • l'Ecosse prendrait son indépendance, le royaume-uni se réduisant à l'Angleterre et au pays de Galles
  • la Wallonie, Bruxelles et le Luxembourg seraient rattachés à la France, tandis que la Flandre deviendrait néérlandaise (ou indépendante, mais comme les flamands sont néerlandophones...)
  • la Suisse (malgré toute l'admiration que je porte à sa grande civilisation) serait partagée entre Allemagne, Italie et France
  • l'Autriche et le Liechtenstein seraient "anschlussés" par la RFA
  • la Bosnie serait partagée entre Croatie et Serbie, suivant les frontières ethnique des cantons suivant le traité de Dayton (les "musulmans" n'étant pas une nationalité, ils rejoindraient la Croatie, vu leur contentieux avec les Serbes)
  • le Monténégro redeviendrait serbe, tandis que la majeur partie du Kosovo serait annexé à l'Albanie
  • la Macédoine, ethniquement et historiquement, n'est ni serbe ni grecque, mais bulgare, donc annexée à la Bulgarie
  • Chypre, y compris le nord, impudemment annexé par les militaires turcs, serait rattachée à la Grèce (qui hélas ne pourrait récupérer Constantinople, le principe des nationalités, comme à Bruxelles ou au Kosovo, se doit de tenir compte de l'état actuel de la population, ethniquement parlant)
  • la Moldavie serait en toute logique rattachée à la Roumanie
  • l'Ukraine serait séparée de sa portion russophone (visible sur les cartes de géographie électorale)
  • l'Arménie garderait le haut-Karaback et le Nakitchevan
  • l'Ossétie du Sud conserverait son indépendance (et pourquoi pas une réunification avec l'Ossétie du Nord?), ainsi que l'Abkhazie
  • On pourrait envisager des référendums d'autodétermination pour la Tartarie, la Tchétchénie et autres provinces russes aux noms pittoresques (après tout, il reste assez de place ailleurs pour les Russes, qui doivent apprendre à faire deuil d'empire)
  • la Biélorussie, naturellement, serait rattachée à la Russie
  • les minorités russes des pays baltes,en revanche, devraient se soumettre ou se démettre. Il serait inique de priver ces minuscules nations baltes d'une fraction de leur pays au profit des russes (à la fois parce qu'ils furent leurs envahisseurs, et aussi parce que la Russie est immense)
  • Andorre serait rattachée à l'Espagne, et Monaco à la France
  • le Val d'Aoste lui aussi serait rattaché à la France
  • le Pays Basque espagnol se détacherait de l'Espagne

Je n'arrive pas à décider pour la Catalogne, dont il me semble que bien plus la rapproche de l'Espagne que ne l'en éloigne (horaires des repas, gastronomie, culture sportive ou musicale, histoire...).

On doit bien l'admettre, une telle politique n'est pas facile à mettre en place, car les contradictions ne manquent pas, dont la principale est celle-ci : à qui appartient tel territoire, au droit historique ou au droit démographique ? Les régions russophones de Lettonie, Bruxelles, le Kosovo, la Macédoine, toutes ces régions aboutissent au même dilemne.

Une chose est sûre, le temps des empires est fini. Il suffit de comparer une carte de l'Europe en 1815, 1848, 1914, 1939, 1989 et 2009 pour le voir. Plus le temps passe, moins ceux-ci occupent de place. Et des référendums locaux sont un moyen bien plus civilisé, rapide et économique de changer les frontières que des guerres.




PS : désolé de proposer une carte aussi austère, mais mon logiciel paint ne fonctionne pas très bien, impossible d'avoir d'autres couleurs que le gris et le noir...