...qui viennent (c'est peu de le dire) confirmer largement les idées défendues par le Parti Social-Royaliste.


Tout d'abord Augustin Thierry, qui a des phrases éloquentes sur le destin national et anti-impérial de la France (en gros : quand elle se contente d'être une nation, ça va ; quand elle veut être un empire, c'est la merde) :

La révolution avait eu de bonne heure une double tendance ; au dedans l’égalité sociale, au dehors l’agrandissement du territoire. Elle atteignit, du premier élan de ses conquêtes, la limite du Rhin et des Alpes ; elle aurait dû marquer là d’une manière invariable les bornes du sol français, et s’imposer la loi de ne franchir ces bornes que pour combattre, non pour conquérir ; elle ne le fit pas, et ce fut le grand vice de sa politique extérieure. Sous le consulat, notre précieuse unité nationale était déjà compromise par des incorporations qui changeaient d’une manière bizarre la configuration du territoire et que repoussaient tous les souvenirs. L’empire se jeta dans cette voie, et bientôt il n’en connut plus d’autre ; ce fut une course effrénée vers la monarchie universelle, une manie de conquêtes sans fin, un jeu ruineux et périlleux. Alors, pour trouver des précédents historiques, on remonta jusqu’au règne de Charlemagne, et l’on établit entre les deux empires un rapprochement faux et puéril. Napoléon couronné de la main du pape prêtait à cette illusion que lui-même sembla partager ; mais entre la France de 1805 et la prétendue France du IXe siècle, il n’y avait dans le fait rien de commun.

Charlemagne, quelle qu’ait été l’influence de son génie administratif et de son instinct civilisateur, ne représentait, au plus haut de sa puissance, qu’une nationalité extrêmement restreinte, celle du peuple franc qui dominait toutes les autres sans les avoir effacées et sans avoir détruit leur tendance à la séparation. L’empire des Carolingiens était né pour passer vite.

On peut dire qu’au milieu de l’enivrement des succès militaires et malgré ces crises d’ambition qui travaillent les peuples comme les individus, la nation ne voulut fermement et constamment que le maintien de nos limites naturelles. Quelle que soit notre fortune, bonne ou mauvaise, l’idée de les reprendre ne se perdra jamais ; elle est profondément nationale et profondément historique.

Elle se réfère au fond même, au fond primitif et vivace de cette nationalité, à la Gaule, soit indépendante, soit romaine. On la voit poindre au XIIe siècle avec la renaissance du droit civil quand la fusion des races nouvelles au milieu du fond commun s’est accomplie ; il y en a des traces visibles dans la politique de Philippe Auguste et dans sa double action vers le nord et vers le midi ; on la voit reparaître dans la politique de Louis XI, ce roi du tiers-état qui semble avoir anticipé l’esprit de la révolution française. Sous Louis XIV, elle fut près de se réaliser ; enfin la révolution la reprit avec une force irrésistible, atteignit le but, et, par malheur, alla plus loin.

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bling-bling, guerres, éphémère : portnawak

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calme, luxe et volupté : impec

Le second historien est plus grâtiné, il s'agit d'un certain Montlosier, aristocrate de chez aristocrate, qui crache sa haine de la politique royale des Capétiens, démontrant impeccablement que le roi fut, de tout temps, l'ami du Tiers Etat (du populo, quoi). Ecoutons-le :

Vers le douzième siècle, temps où les mœurs franques étaient complètement établies, l’ordre social se distinguait par deux caractères principaux ; la puissance politique et législative était morcelée entre tous les domaines, et il n’y avait plus d’esclaves. — Il y avait, d’un côté, les hommes francs, et de l’autre, la classe des tributaires, classe qui formait l’immense majorité de la population, et que l’établissement des communes éleva tout d’un coup à la franchise, c’est-à-dire à la condition de Franc. — Par l’octroi des chartes de commune, il fut permis aux habitants des villes de former un sénat, de s’imposer des tailles, de rendre ou faire rendre la justice, de battre monnaie, de tenir sur pied une milice réglée. Il n’est pas jusqu’au droit de guerre, ce fameux privilège des Francs, qui ne leur ait été accordé. — Quelque énormes que semblent ces concessions, elles n’avaient en soi rien d’extraordinaire, c’était la pratique ancienne de la monarchie. Au temps de la première et de la deuxième race, les tributaires affranchis, ou pour mieux dire anoblis, sous le nom de Dénariés, participaient sans réserve à tous les droits des hommes francs ; mais, entre les anciens affranchissements et les nouveaux, il y eut de notables différences. — Et d’abord, les affranchissements anciens, qui portaient un homme de la classe des tributaires dans celle des Francs, étaient des actes, purement individuels, sans conséquence pour l’état des conditions et des rangs. Il n’en fut pas de même d’une mesure par laquelle les villes devenaient des espèces de souveraineté, mesure générale qui, s’associant à une autre mesure générale, l’affranchissement des campagnes, créa dans l’état un nouveau peuple, égal en droits à l’ancien peuple, et de beaucoup supérieur en nombre. Il y eut d’autres différences encore plus graves. — Dans les temps anciens, quand un tributaire parvenait à la condition de Franc, il renonçait, dès lors, aux habitudes et aux professions affectées à la classe tributaire, il adoptait les mœurs franques. Ici, au contraire, c’est une classe immense qu’on appelle au partage de tous les droits de la condition franque, en lui laissant les mœurs, les habitudes et les professions serviles.

Les rois de la troisième race se firent les patrons et les promoteurs de cette grande innovation qui bouleversait tout dans l’état, les rangs, les mœurs, les lois, la constitution. — Quant à la noblesse, elle n’avait pas le droit de s’opposer à ce que le roi accordât des chartes d’affranchissement aux villes qui lui appartenaient. Elle ne l’essaya pas, au contraire elle fut entraînée par l’exemple, et les hauts barons établirent, comme le suzerain, des communes dans leurs domaines. — Mais on ne se contenta pas de cette marche graduelle et volontaire.

Comme il se trouva quelques seigneurs en retard, on provoqua le changement par des révoltes. Des agents du roi parcouraient les villes à la manière de nos derniers propagandistes. Partout où les affranchissements n’étaient point accordés, ils étaient arrachés ; partout où ils étaient accordés, le roi s’établissait comme le seul maître. — L’affranchissement des campagnes, qui vint après celui des villes, fut conduit dans le même esprit. Une ordonnance de Louis X avait proclamé que, selon le droit de nature, chacun doit être Franc ; cette doctrine des droits de l’homme eut son effet, les paysans se soulevèrent, et l’on se mit, comme dans ces derniers temps, à massacrer les nobles et à incendier les châteaux. Ne nous étonnons point des excès de la Jacquerie...

On ne peut être plus clair : contrairement à la légende noire républicaine (ce nouveau parti aristocratique, mais d'une artistocratie nouvelle, celle du pognon), il n'y a jamais eu alliance roi-aristocratie contre le peuple, mais bel et bien alliance du peuple avec le roi. Sans roi, le peuple ne peut que subir, sans peuple, le roi n'est qu'un despote inutile.

L'humaine et raisonnable limitation des frontières aux bornes nationales et l'alliance symbiotique du roi et du peuple, voilà l'essentiel du PSR.

Lysrouge
oui, bon, je suis pas graphiste, moi, hein, disons que c'est l'idée de base

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