Je termine (avec un peu de retard oui bon, chfai skeu jveu, hein) ma "critique" du dernier album du beau Jean-Louis, le cours ordinaire des choses.

Alors déjà, je dois méaculpabiliser : je trouve désormais Comme un incendie génial, un titre qui pourrait rentrer dans ma playlist du concert idéal muratien.

Nous en étions donc resté à Lady of Orcival, passons donc à



16 heures, qu'est-ce que tu fais ?

Je ne capte pas trop si la chanson parle de paternité ou d'amours diurnes. La mélodie n'"accroche" pas immédiatement (mais comme le prouve comme un incendie, faut écouter plusieurs fois, mais là c'est pas possible puisque c'est une critique à la première écoute...). Donc la mélodie, bof, mais (si le thème est l'amour diurne), on retrouve bien la sensualité lente de JLM. Un titre à écouter un chaud après-midi d'été, en posant un baiser sur la nuque de votre muse.
Un bon titre.


Ginette Ramade

Le titre n'est pas encourageant, la mélodie est à la fois anodine et triste (un mélange que je n'aime guère). Mais les paroles sont sublimes. Une ambiance de fin du monde civilisé. Il n'y a pas un chanteur qui a écrit un truc du genre "quand les loups descendront dans la ville/la plaine" ?

Tous descendront des hautes montagnes

Quand l’amour sera oublié

Il n’y aura pas de quartier

Madame D.

 

Quand la truie du temps à gueule malade

Viendra vous lécher à minuit

Il n’y aura plus de chanson

Madame D.

 

Tous descendront des hautes montagnes

Aux entrailles les plus aimées

Il n’y aura plus de serment

Madame D.

Mais vraiment, je n'accroche pas à cette mélodie.


La Mésange bleue


Aaahhhh ! Je retrouve ici les accents langoureux de Lilith. Les paroles sont un mélange de bucolisme, d'Histoire tragique, d'amours perdues.


Hier tu riais aux larmes

Périr d’amour oui je t’accompagne

Que croire

Qui pourrait croire au progrès

Le brouillard sur le visage est froid

Comme un cristal se brise la joie

Tu me dis

Je pense à part moi

Je n’aime plus


La sempiternelle guitare country, emblème de l'album, est toujours là, mais elle dérange moins ici, tellement les paroles sont belles. La mélodie ici compte moins que, disons, le rythme lent, la sensualité. Cela dit, ce n'est pas un morceau qui s'écoute pour le plaisir mélodique, mais, encore une fois, à deux, enlacés.



J'adore l'allusion à Cheyenne Autumn à la toute fin du morceau.




Comme un cow-boy à l'âme fresh


Curieux mélange de bourrée auvergnate et de country-square dance. Je peux pas dire que ça me plaise des masses. Les paroles sont d'ailleurs assez éloquentes...


Voilà ma pauvre chanson

L’occasion fait le larron

Au reposoir francisé

Reste que dalle à chanter

Un morceau oubliable, donc.


La Tige d'or


De sublimes paroles, qui me touchent au plus profond. On les dirait écrites pour une chose que je vis. C'est le pendant mélancoliques au Moujik et sa femme. La tonalité est sombre. La mélodie austère.


Qui à ton ventre blanc

Se fait tremblant

Qui sait te jurer

Amour

Ce qui est juste est bon

Qui dans la pluie

Du matin

Epelle ton nom

 

Cher amour comment va

Comment va

 

Vais-je en chose aimée

Dans ton cerveau

Qui pour t’arracher

A la terre

Au tombeau

 

Te courbes-tu encore

Les soirs d’été

Me trouves-tu

Toujours

Aussi peu

 

Que fait cette tige

d’or dans ton glacier


Taïga


Aïe aïe aïe ! l'album se termine par le morceau le plus horrible question mélodie. Une espèce de rythme lent, leeent, une mélodie insipide, la guitare country omniprésente. C'est vraiment dommage. J'ai trouvé dans cet album des perles qui, si elles ne placent pas Le Cours Ordinaire au panthéon de l'âge d'or muratien, le mettent toutefois au-dessus de Dolorès ou de Vénus. Mais finir sur ce morceau, rhaa...



En conclusion, un bon album, bien meilleur que Charles et Léo ou Tristan, avec mélodies entrainantes (comme un incendie, 16 heures qu'est-ce que tu fais), paroles sublimes (chanter est ma façon d'aimer, Ginette Ramade, la Mésange bleue, la Tige d'or), sensualité (16 heures..., la Mésange bleue).


Petit rappel : cette critique se veut fidèle aux souhaits d'Oscar Wilde (qui n'a pas écrit que des maximes débile du genre "je résiste à tout...") pour qui le critique ne doit pas dire à l'artiste ce qu'il aurait du faire, mais noter ce qu'il a ressenti.

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