L'ancien pigiste occasionnel du défunt (tué par les trotskystes) journal de Nabe, Yann Moix, a récemment publié un texte intitulé "Je hais la Suisse".

Yann Moix sait qu'il est un vendu, nul besoin d'études de psychologie bien poussées pour comprendre que c'est lui-même qu'il hait. Il utilise toutefois une méthode différente de celle de Beigbeder (qui se méprise lui-même aussi), ce dernier usant en abondance du "faute avouée est totalement pardonnée". (Bien sûr, ça marche pas, et Beigbeder continue à savoir que c'est un vendu).

La méthode de Moix est de transposer sa haine de soi sur un bouc-émissaire, le plus facile qui soit : la Suisse.

Ils sont nombreux, surtout en France, à haïr ce pays de vraie liberté, de prospérité douillette et de jolies maisons en bois. Là bas, même les marmottes sont intelligentes (vous connaissez tous leur PME de papier alu).


MarmotteMilka
héroïque prolétarienne helvétique




Voici donc le vrai message de Yann Moix :


Je hais Yann Moix.

Yann M., nous venons de l’apprendre, va passer un an de plus dans sa prison yanmoixienne. Je dis bien : « prison ». Une prison, ce n’est pas strictement un cachot avec des rats. Une prison, c’est tout prosaïquement un endroit dont on ne peut sortir. D’où on ne peut pas s’échapper. Peu importe que la prison soit une maison d'édition ou une revue, un compte en banque ou même un paquet de groupies tout entier. On est en prison quand on ne peut pas être ailleurs. Yann M. restera emprisonné en Yann Moix : c’est Yann Moix la prison. C’est Yann Moix le bourreau. C’est Yann Moix la sentence. C’est Yann Moix la trahison. C’est Yann Moix la haine et la revanche et la vengeance. Parce que Yann Moix n’est pas un homme : Yann Moix n’est rien. Yann Moix n’existe qu’en détruisant. En neutralisant. Ce n’est pas un homme neutre, non : c’est un homme qui neutralise. Très joli garçon qui, pendant les années 2000, voyant qu’un peu trop de juifs venaient étrangement faire du tourisme en ses maisons d'éditions, a demandé à ce que fût apposé sur son passeport le « J » de Juden. Yann Moix n’est pas un homme neutre : c’est un non-homme vendu. Yann Moix, ce garçon au visage poupin comme Nicolas Demorand, sait manier le temps comme Satan : enfer du temps dans lequel il neutralise un génie (un an de plus), enfer du temps à l’intérieur duquel, avec une infinie patience, il guette sa proie : trente-trois ans (l'âge du Christ) pour attraper Yann M., un 12 septembre de l'an 2001. Yann Moix n’existe pas : pour exister, il est obligé de faire dans le sale, dans le crade, dans le porno. Yann Moix est un garçon pornographique (1). Sales affaires (lèchage de fions, reniement), sale comportement (anihilation de Yann M.) : tout est propre dans l'esprit de Yann Moix, dans la conscience de Yann Moix, dans la bouche de Yann Moix, tout est très propre parce qu’au fond tout y sale dans les tréfonds, dans les fondements, dans les soubassements. C’est un garçon qui se vend sans cesse au plus offrant. Qui courbe incessamment l’échine devant le plus fort. C’est un garçon qui fait basculer les choses vers le plus dictateur, le plus violent, le plus menaçant. Yann Moix ne se donne même pas, comme le feraient des salopes ordinaires : Yann Moix se prête au plus fort. Il prête sa soumission. C’est une pute. Il ne se donne jamais mais se prête toujours. Il se prête avec intérêt. Il se loue. Il se sous-loue. Il fait des offres. Il écarte les jambes quand viennent à passer un intellectuel aux cheveux longs, ou une très grande puissance comme, par exemple, aujourd’hui, nos amis les éditions Grasset.

Je hais Yann Moix. Sa gentillesse méchante, sa dégueulasserie bonbon, son calme rempli de dagues et de couteaux, sa surface polie mais comme une lame. Nous voudrions que ce garçon relâche Yann M., s’excuse, arrête tout. Nous voudrions que Yann Moix ait honte, définitivement honte, pour ce qu’il fait endurer à Yann M.. Que des grèves se déclarent chez ses amis, dans sa conscience, chez sa mère ; ou des manifestations. Que sa conscience le révèle à lui-même. Crie. Hurle. Contre son « comportement ». Autrefois, Alfred Jarry disait (c’est dans Ubu Roi) : « la scène se passe en Pologne, c’est-à-dire nulle part. » Nulle part, ce serait plutôt Yann Moix. Yann Moix voudrait empêcher que le réalisateur de Cinéman (que je viens de revoir cette nuit et qui est un film sympathique) continue de nous donner de sympathiques distractions. Pourquoi, Moix, ne laisses-tu pas cet homme partir ? Parce que tu as peur de l’Amérique ? Parce que tu trembles ? Parce que tu suis toute cette meute ignoble, parfaitement aveugle, et qui veut que Dieudonné, Soral, Nabe ou la Suisse représentent, pour la nuit des temps, le pédophile par excellence ? Qu’il en soit l’incarnation, le parangon, l’icône ? Moix, sois digne pour une fois dans ta vie. Moix, donne-toi une dignité en rendant la sienne à un homme qui n'est pas un grand génie du cinéma ou de la littérature, mais qui a du bon en lui,  qui a suffisamment payé pour quelque chose qui ne s’est pas déroulé comme on le sait, le croit, croit le savoir. Moix, sois un homme, sois toi-même, sois quelqu’un. Sois un homme, Moix.

Quand il y a la guerre, Moix, tu te carapates. Tu regardes tes chaussures. Tu vas tranquillement te promener rue des Saint-Pères . Tu respires le bon air germanopratin parmi les gentils (sic) oiseaux. Rien n’est ton problème, Moix. Tu n’es jamais concerné. Tu n’es jamais impliqué. Tu n’es jamais inquiété. Tu n’es jamais là quand on a besoin de toi. Tu es toujours là, sur la planète, mais tu ne sers à rien : tu arrêtes les jeunes idéalistes de province et tu enrichis les enrichis. Tu ne sais rien faire, sauf pitié. Je te hais, Moix. Je te demande de t’arrêter, toi, aussi, le jour où tu viendra me voir dans ma cellule. Pour cracher sur ta bouche immonde.”

Yann M.


(1)En 2007, bouleversé par sa découverte des oeuvres de Bernard Lazare, de Jules Isaac et de Benny Lévy (en qui il voit le Péguy du 21e siècle), Yann Moix a publié hors-commerce un hommage personnel au judaïsme intitulé : "Apprenti-juif", d'abord paru dans la revue LA REGLE DU JEU, dirigée par Bernard-Henri Lévy. C'est dans cette revue que Moix publia ses premiers textes, consacrés à Gombrowicz, Fellini, Pasolini ainsi que ses premiers pamphlets, dirigés notamment contre Alexandre Jardin, Marc-Edouard Nabe, Amélie Nothomb et Bernard Tapie.



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