Librement inspiré de la chanson de Jean-Louis Murat "le 5 mai", sur un texte de Béranger.

123332_rafael-nadal-apres-sa-victoire-contre-andy-murray-en-demi-finale-de-roland-garros-le-3-juin-2011 c'est lassant, à la longue...

*

*

*

*

Un espagnol m'a battu en finale
Sur terre battue où tristement j'errais.
Humble débris d'un héroïque empire,
J'avais en Suisse exilé mes regrets.
Mais loin d'Auteuil, après deux ans d'absence
Sous le soleil, je lifte plus joyeux.
Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.

Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.


Out ! Le juge de ligne a crié :

Et voilà donc où retombe ma balle !
Bon espagnol, encore une fois ton lift; 
Je maudis ton coup droit mon vrai bourreau
Je ne puis rien, rien pour ma délivrance :
Le temps n'est plus des matchs glorieux!
Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.

Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.


Peut-il dormir ce boulet invincible
Qui fracassa vingt rêves à la fois ?
Ne peut-il pas, se relevant terrible,
Enfin céder sous mes coups de génie ?
Ah ! Ce rocher repousse l'espérance :
Le Suisse n'est plus dans le secret des dieux.
Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.

Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.


Il fatiguait la victoire à le suivre :
Elle était lasse ; il ne l'attendit pas.
Blessé deux fois, ce grand homme a su vivre.
Mais quels efforts enveloppent ses pas !
De tout lifteur un poison est l'essence ;
La mort couronne un front victorieux.
Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.

Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.


Dès que je perds le moindre petit jeu,
«Il n'y est pas ! Disent les potentats :
Vient-il encor relancer tous mes coups ?
Armons soudain deux millions de tactiques.»
Et moi encore accablé de souffrance,
À la victoire adresse mes adieux.
Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.

Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.


Grand de génie et grand de caractère,
Pourquoi cett'Ménésis à mon orgueil ?
Bien qu'au-dessus de Sampras et Laver
Il apparaît menaçant comme un écueil.
Ma gloire est là comme le phare immense
D'un nouveau monde mais suis-j'déjà trop vieux ?
Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.

Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.


Bon espagnol, que voit-on au tableau ?
La balle de match ! Oh, grands dieux, je frémis !
Quoi ! Moi mourir ! ô gloire ! Quel veuvage !
Autour de moi pleurent mes ennemis.
Loin de ce stade nous fuyons en silence ;
L'astre du jour abandonne les cieux.
Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.

Pauvre légende, battrais-je un jour Nadal ?
Ce jour-là je serais bien le plus grand.

 


187-federer

*

*

*