...et bien je viens de découvrir qu'un autre, de moi inconnu, l'exprimait déjà en 1938 !


Pourtant, de cette histoire, nous ne voyons guère que les faits. Sauf aux instants décisifs, tout apparaît connue le résultat de l'empirisme organisateur, le fruit de l'occasion, et il semble bien que la France soit le produit, inachevé, d'une suite d'heureux maquignonnages. Telle est du moins l'apparence, mais nous sommes ici pour rechercher, justement, ce qu'il y a derrière cette apparence. Aussi, je ne puis faire mien le « slogan » facile des « quarante rois qui firent la France », pour cette raison bien simple que mille rois ne l'auraient pas « faite » davantage.

  Notez que je m'incline volontiers devant l’œuvre des Capétiens, « rassembleurs de la terre de France », comme je m'incline, à peu d'exceptions près, devant les quarante rois précités.

  Mais, du peu qui précède, vous aurez sans doute conclu avec moi qu'on ne « fabrique » pas un pays, je veux dire un vrai pays, un pays qui a un destin, une mission, une lumière propre à répandre. Les pays formés de pièces et de morceaux, par des assembleurs*, soit patients, soit géniaux, ces pays-là disparaissent comme ils ont apparu précisément parce qu'ils sont des créations humaines, et rien d'autre qu'humaines.

  J'ai parlé des « rassembleurs de la terre de France ». Approfondissez ce terme : rassembler n'est pas assembler, mais, strictement, assembler de nouveau, reconstruire d'après un modèle préexistant.


* c'est-à-dire les EMPIRES, comme les lecteurs fidèles l'auront compris.


France_1800