Je précise en titre cette évidence connue de tout Honnête Homme, savoir que la lutte contre les régionalismes ET les langues régionales, ne date pas de l'avènement de la république, comme le croient d'un émouvant unanimisme nationaux-républicains, zidentitaires et maurrassiens.

Malheureusement, l'influence méphitique de ces trois courants de pensée a imbibé de sa glue nos manuels scolaires, nos élèves français et hélas, aussi, l'immense majorité des historiens (sans parler des journalistes).

 

Voici une preuve éclatante qu'ils ont, tous, tort ; et que j'ai, je, raison :

 

 

L'INTERDICTION DE LA LANGUE CATALANE EN ROUSSILLON PAR LOUIS XIV


EDIT DU ROI
LOUIS PAR LA GRÂCE DE DIEU, ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE: A tous présent & à venir. SALUT. Depuis plus de quarante ans que NOUS possédons en pleine Souveraineté les Comtés & Vigueries de Roussillon & Conflans, qui nous ont été cédés avec une partie du Comté de Cerdaigne, par le Traité de Paix des Pyrénées, les procédures des justices subalternes desdits Pays, les délibérations des magistrats des villes, les actes des notaires & autres actes publics, ont continué à y être couchés en langue Catalane, par un usage que l'habitude seule a autorisé.

Mais comme outre que cet usage répugne & est en quelque sorte contraire à Notre Autorité, à l'honneur de la Nation Française & même à l'inclinaison des habitants desdits Pays, lesquels en toutes occasions ne témoignent pas moins de zèle et d'affection pour notre service que nos anciens sujets: Ils en reçoivent d'ailleurs beaucoup de préjudices, en ce que pour faire instruire leurs enfants dans ladite langue Catalane, & les rendre par là capables d'exercer les charges de judicature & de magistrature; Ils se trouvent obligés de les envoyer étudier dans les villes de la domination d'Espagne, ce qui leur cause de grands frais.

Nous avons jugé que pour remédier à ces inconvenients, il était à propos d'ordonner qu'à l'avenir toutes les procédures & les actes publics qui se feront dans lesdits Pays, seront couchés en langue Française: SAVOIR faisons que pour ces causes & autres bonnes considérations, à ce Nous mouvans, de notre certaine Science, pleine Puissance & Autorité Royale : Nous avons dit, statué, déclaré & ordonné, disons, statuons, déclarons & ordonnons par ces Présentes, signées de notre main;

VOULONS & nous plaît, que d'orénavant & à commencer du premier Mai prochain, toutes les procédures qui se feront dans les Sièges & Juridictions desdits Pays de Roussillon, Conflans & Cerdagne; comme aussi les délibérations des magistrats des villes & des communautés, les actes des notaires & généralement tous autres actes publics qui se passeront esdits Pays, seront mis & couchés en langue Française, à peine de nullité.

DEFENDONS à tous avocats, procureurs, greffiers, notaires & autres, de ne se plus servir pour cet effet de la Langue Catalane, & aux juges et magistrats de la souffrir, ni de prononcer leurs jugements ou délibérations qu'en langue Française.

SI DONNONS EN MANDEMENT à nos amis & fidèles conseillers, les gens tenant notre Conseil Superieur de Roussillon, que ces Présentes ils aient à faire lire, publier & observer, sans permettre qu'il y soit contrevenu en aucune manière: Et afin que ce soit chose ferme & stable, Nous avons fait mettre notre sceau à cesdites Présentes.

DONNÉ à Versailles au mois de Février, l'an de grace mil sept cent, & de notre règne le cinquante septième.

Signé, LOUIS : Et sur le repli, Par le Roi, LE TELLIER, Visa PHELYPEAUX, & Scellé du grand Sceau de cire verte pendant avec lacs de soie verte & cramoisi.
Lu & publié l'Audience tenant, à ce requerant le Procureur General du Roi, ce jourd'hui 2 Avril 1700.

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dans ta face, connard régionaliste

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