Contrairement à ce que racontent les médias, ce qui se passe à Kiev n'est pas un conflit binaire entre gentils jeunes étudiants pro-UE d'un côté et méchants ukrainiens pro-Poutine de l'autre.

 

Il s'agit d'un match à trois.

 

1-les impérialistes russes (sous drapeau vaguement communisant, en tout cas très amical envers le passé soviétique). Cette tendance est soutenue chez nous par le FN (en particulier la tendance national-républicaine), Aymeric Chauprade et sa "géopolitique", par les mystiques eurasistes pro-Douguine, et par les nationalistes-révolutionnaires.

Voici une déclaration de principe de leur part : 

Face aux évènement qui se produisent actuellement en Ukraine et face aux réactions que ceux-ci induisent parmi les membres de quelques groupuscules européens, la communauté rédactionnelle de Voxnr.com tient à affirmer les points suivants :

1 - Ce qui se produit actuellement en Ukraine est un affrontement entre l'Occident et l'Eurasie.

2 - Nos voeux de victoire vont à ceux qui défendent la vision impériale eurasienne.

3 - Divers groupuscules d'extrême-droite ukrainiens et européens qui se prétendent faussement nationalistes se solidarisent avec les manifestants anti-régime, ils montrent ainsi leur vrai visage : celui d'alliés serviles du système américano-centré et de mercenaires de l'Empire du mal.

 

2-Les trotsko-libéraux habituels, médias occidentaux, OTAN, UE, qui veulent affaiblir la Russie en lui prenant son "pion" ukrainien. Comme chez les eurasistes, l'indépendance nationale ukrainienne, ils s'en moquent complètement. Comme cette tendance est ultra-majoritaire dans les médias français, les spécialistes de la dissidence se jettent évidemment dans les bras de l'ours russe.

BHL, comme souvent, exprime le plus clairement les intentions occidentales : (Note du blog : nous avons intentionellement mis en gras des passages Bhèliens particulièrement grâtinés)

Peuple du Maïdan ! Il y a là, sur cette place, tous les peuples d'Ukraine rassemblés. Des Ukrainiens de l'Ouest et des Ukrainiens de l'Est. Des Ukrainiens de la ville et des Ukrainiens venus des campagnes. Des Tatars et des Polonais. Des Cosaques et des Juifs. Il y a là les petits-enfants des survivants de l'Holodomor, ce massacre par la faim orchestré par Staline, et ceux de Babi Yar, ce terrifiant symbole de la Shoah par balles.
Nous avons, à Paris, la place de la Bastille où se constitua le peuple français.Vous avez cette place du Maïdan où s'institue le peuple ukrainien. Et c'est une grande émotion, pour un citoyen de la patrie des droits de l'homme, d'être le témoin, sur cette place, de cet exceptionnel moment d'histoire comme seuls en produisent les grands peuples.

Arseni Iatseniouk, chef du parti de la Dame de Kiev emprisonnée, vient d'annoncer, à cette tribune, la création d'un « gouvernement parallèle » : ce gouvernement issu du Maïdan, ce gouvernement qui a, d'ores et déjà, plus de légitimité que n'en aura jamais celui des pantins aux ordres du Kremlin, je le salue.

Vous avez, peuple du Maïdan, un rêve qui vous unit – et votre rêve, c'est l'Europe. [...]

– une Europe qui, pour toutes et tous, signifie liberté, juste gouvernance, lutte contre l'Etat-voyou des oligarques, citoyenneté. [...]

C'est pourquoi l'Ukraine n'est pas ce vassal de l'empire russe [...] Peuple du Maïdan, frères en Europe ! Je veux vous dire aussi que nous sommes nombreux, de Paris à Berlin et ailleurs, à avoir entendu votre message. [...] Mais il est vrai, aussi, que vous avez des amis dans les sociétés d'Europe. Mais il est vrai, aussi, que vous avez, ici même, dans les missions diplomatiques européennes, des amis de l'ombre dont je puis vous dire qu'ils sont de coeur avec vous et qu'ils oeuvrent en votre faveur.

Ils sont votre espoir ; mais vous êtes le leur. S'ils vous lâchent, vous perdez ; mais si vous perdez, ils perdent aussi. Ils le savent. Nous le savons tous.

Nous sommes des millions à avoir compris que notre sort se joue ici, sur cette place de l'Indépendance que vous avez rebaptisée place de l'Europe. Et j'ai bien l'intention, à mon retour en France, de le dire haut et fort : pas de visas pour les brutes qui, tel Louis XIV faisant graver sur ses canons « ultima ratio Regis », menacent de donner l'assaut au Maïdan ; gel de leurs avoirs dans toutes les banques de l'Union européenne ainsi que dans ces paradis fiscaux dont nous savons, maintenant, forcer les portes ; il y a toute une gamme de sanctions dont les démocraties ont la clef – et il faut le rappeler sans se lasser.

Le président Hollande rencontrera [...] Obama : qui sait s'il ne le convaincra pas de s'associer, une nouvelle fois, à une opération de sauvetage de cette part de l'Europe qui demeure kidnappée ?

[...] Vitali Klitschko, l'ancien boxeur qui sera peut-être un jour le président de la nouvelle Ukraine, vous m'avez tous dit que rien n'arrêtera plus l'esprit du Maïdan.[...]

La Russie n'existait pas que l'Ukraine et Kiev rayonnaient déjà. C'est pour cela que vous vaincrez. C'est pour cela que, tôt ou tard, vous l'emporterez sur maître Vladimir Poutine et son valet Viktor Ianoukovitch.

 

3-Les nationalistes. Ni pro-américains, ni pro-russes, ils font une alliance tactique avec les libéraux pour se débarasser de l'ennemi le plus proche, c'est-à-dire l'impérialisme russo-nécommuniste.

À cet égard, un texte explicite du Mouvement "Secteur Droit" (Pravy Sektor)

Déclaration des nationalistes révolutionnaires d'Ukraine
De la Révolution nationale en Ukraine - à une nouvelle Reconquista en Europe !




Malheureusement le milieu politique démo-libéral et une grande partie de l’environnement culturel ont convaincu durant vingt ans que les Ukrainiens devraient intégrer les structures euro-atlantiques. C’est pourquoi nombre d’Ukrainiens croient réellement que l’Ukraine devrait devenir membre de l’UE. La cause formelle des protestations massives en Ukraine a été le refus du régime de Viktor Ianoukovitch de signer un accord avec l’UE. Les nationalistes ukrainiens sont contre une association avec l’UE. Mais ils ont soutenu les manifestations comme une occasion de commencer la Révolution nationale.

L’année dernière, à la fin novembre, à l’initiative du mouvement nationaliste Trident1, la jeunesse nationaliste s’est unie au sein du Secteur de droit2. Durant deux mois les nationalistes ont exhorté les manifestants à ne pas se battre pour l’intégration européenne, mais pour la construction de la Nation. La première étape pour la construction d’un tel État est de renverser le régime oligarchique anti-national, démo-libéraliste de Ianoukovitch. Deux mois ont passé. Le régime de Ianoukovitch n’a pas peur des manifestations pacifiques, qui ont été menées sous la direction des partis d’opposition libéralistes. Au final, le Parlement, contrôlé par le régime de la Ianoukovitch, a adopté des lois totalitaires qui limitent encore plus les droits politiques en Ukraine. En particulier, ces lois sont clairement anti-nationales. Le peuple a été déçu par l’opposition et a commencé à faire confiance aux nationalistes. Nous avons pu profiter de l’appui national et à partir du 19 janvier, nous sommes entrés dans une phase de confrontation militaire avec les autorités. 

Depuis plusieurs jours dans les rues de Kiev se poursuit la lutte entre les forces nationalistes-révolutionnaires et la police. L’organisateur de cette lutte est le Secteur de droite rejoint par supporteurs de tendance nationaliste et les militants individuels qui adhèrent aux vues nationalistes. En fait, les nationalistes ont pris la direction de la lutte révolutionnaire. Vraisemblablement, notre victoire d’une plus grande légitimité impliquera la nécessité d’entrer dans le gouvernement révolutionnaire de certains représentants de l’opposition libérale, mais la montée du nationalisme en Ukraine sera généralisée. Nous nous battrons jusqu’à la fin. Si nous perdons, nous attendons soit la clandestinité, soit la répression de masse. Si nous gagnons, cela apportera une nouvelle Reconquista. Comme un adversaire absolu de l’UE, mais attendant la solidarité des pays européens, nous exhortons les nationalistes des autres pays européens à soutenir le combat. Rappelez-vous comment les forces nationalistes et conservatrices se sont réunies en Espagne pendant la guerre civile. Venez nous rejoindre, soutenez notre combat. Nous sommes conscients que votre victoire est purement symbolique, nous n’attendons pas un grand nombre. Toutefois, ce symbole est une étape vers de futures victoires ensemble dans toute l’Europe !

 

 

l'opinion du PSR : 

Les nationalistes sont évidemment le parti à soutenir, toutefois, la Crimée étant majoritairement éthniquement russe, ukrainienne par hasard et depuis fort peu de temps, soit annexée à la Russie.

Telle est la logique du principe des nationalités, un des pilier du Parti social-royaliste, de la logique historique et de la justice.

93969362_o