Imaginons : Après des siècles d'occupation par une Allemagne impériale puis soviétique, la France retrouve son indépendance. Vingt ans plus tard, une révolution à Paris renversant un pouvoir corrompu. Logiquement, le nouveau gouvernement décide d'interdire l'usage de l'allemand. En réaction, une "république populaire d'Alsace-Lorraine" est installée à Metz et Strasbourg, avec le soutien militaire de l'Allemagne. 
Que fait le nouveau gouvernement de Paris (libéral, mais soutenu par les nationalistes français) : il envoie l'armée réduire le pouvoir illégal alsaco-lorrain (qui s'appuie sur des forces paramilitaires). 
Et comme le souvenir de l'occup' allemande reste vivace, et que l'Europe ne propose aucune solution (Rome, Londres, Berlin et Madrid n'ayant pas constitué d'alliance militaire purement européenne), que reste-t-il comme choix à Paris ? L'OTAN.

Pendant ce temps, à Moscou, les nationalistes russes s'enflamment ! Non pas pour le gouvernement de la récente France libre, mais pour... l'Allemagne impériale !
Les mêmes qui rejettent le fédéralisme en Russie se mettent à le réclament en France (comme le chef du parti national russe, Marina Lepenovitch). Les mêmes qui glorifient les nations se mettent à nier la France. "La France n'existe pas" s'écrie Eric Zemmourov, pour qui Metz est "le berceau de l'Allemagne", évoquant les Carolingiens, le traité de Verdun, Aix-la -Chapelle, bref, selon le célebre journaliste russe, France et Allemagne c'est la même chose.
Partout en Russie, les groupes souverainistes, nationalistes, communistes s'enflamment et critiquent la France, "pantin des Américains".

Pas un seul ne se demande quel autre choix stratégique s'offrait à Paris.
Pas un ne s'interroge :pourquoi donc toutes ces anciennes républiques soviétiques sous domination allemande (Hollande, Danemark, Slovénie...) ont choisi le méchant OTAN alors que la gentille Allemagne leur proposait une "zone de fraternité économique mitteleuropéenne".