La lecture de Rome, du socialisme au libéralisme, le livre de Philippe Fabry (dont je vous encourage à déguster le blog) a été pour moi revigorante, dans le sens où elle m'a conforté dans ma grille de lecture (et aussi dans le sens où j'ai éprouvé un grand plaisir à lire un livre de grande histoire, comme on en fait trop rarement en France depuis des décennies).

Elle m'a aussi amené à vouloir récapituler certains points. Sur la politique économique d'un état idéal, et aussi sur les buts géopolitiques de la France et de l'Europe.

 

Sur l'économique d'abord, je rappelle ma grille de lecture : il y a deux classes dans toute société, irréductibles et en conflit : le peuple et la bourgeoisie. Le  socialisme pur considère que cet état de fait est mauvais et veut anéantir la classe bourgeoise. Le traditionnalisme veut nier cet état de fait et n'envisage pas de politique économique à lui adapter (c'est embrassons-nous folleville, pour utiliser un cliché journalistique). Le fascisme n'est pas loin d'avoir la même idée. En réalité, seuls le national-socialisme allemand, la social-démocratie nordique ou (sans réalisation concrète) le médiévalisme chestertonien ont réussi à préserver une classe bourgeoise tout en offrant au peuple la dose de socialisme indispensable à une vie décente.

Mais sans conceptualiser.

Mon concept, le concept social-royaliste (je le répète, "parti" au sens ancien du terme, "prendre parti pour", "opter" et non au sens associatif et électoral du terme) est le suivant : il y a des classes sociales, c'est un bien, car tel le tao (yin-yang), chacune apporte à la société des valeurs utile à celle-ci. Valeurs compémentaires permettant l'équilibre (en -très, très- gros : tranquillité, bon sens, décence du côté peuple, ambition, développement, progrès, culture, raffinement du côté bourgeois). Mais la réalité c'est aussi que les intérêts de ces classes sont contradictoires. Une politique libérale-bourgeoise entrainera automatiquement un recul des valeurs populaires. Inversement, une politique socialiste populaire entrainera automatiquement un recul des valeurs bourgeoises.

Le pire est que la politique menée actuellement en France réussit l'exploit de faire reculer ces deux valeurs à la fois (sans toutefois que je mette là un hypocrite signe égal : le fait est que ce sont les valeurs de la bourgeoisie qui reculent le plus. Renaud Camus l'a analysé parfaitement) (en ne voyant toutefois pas l'autre aspect des choses, en libéral qu'il -croit- être). 

Etant admis ce principe de base (il y a des classes. C'est un bien. Chacune apporte ses bienfaits à l'ensemble. Leurs intérêts sont opposés) il faut aller plus loin, et dire

-que leurs intérêts sont opposés si l'on suit la voie de l'égoïsme de classe mesquin et de courte vue. Une politique intégralement libérale mène fatalement à la ploutocratie, à la misère, la ruine et la violence. Misère, ruine et violence qui entrainent une contre-réaction populaire extrême qui conduit au totalitarisme bureaucratique (comme l'a démontré, d'un certain point de vue le libre de Philippe Fabry). Inversement, une politique intégralement socialiste (celle dont rêve les Taubira, Duflot, Autain, Meyrieu, Mélenchon, etc.) mène fatalement à la barbarie, à l'ignorance, à l'idiocratie (dont on peut voir le dernier symptôme en date le plus flagrant avec l'effroyable popularité de Star Wars 7, dont je reparlerai ici). Elle mène également à la ploutocratie (sous une forme différente, mettons une oligarchie bureaucratique, une noblesse d'état, celle qui contrôle actuellement la France) et au totalitarisme.

-qu'il faut donc mener une politique à la fois partiellement libérale et partiellement socialiste, la voie de l'équilibre, qui ne peut être théorisée -ou alors par un génie, hélas pour le monde, ce n'est pas mon cas ! Par exemple, politique libérale partielle : supprimer l'impôt sur le patrimoine (ISF), sur l'héritage, laisser libre le choix de licencier, de fixer les salaires, limiter le droit de grève à des cas précis, mettre fin au big mother état-nounou (l'esprit 5 fruits et légumes par jour) en supprimant nombre de lois liberticides (des lois pleven-gayssot, taubira et compagnie à l'obligation de la ceinture de sécurité, de la dépénalisation des drogues au droit de fumer dans les bars), supprimer la plupart des impôts (taxe d'habitation, les impôts locaux en général....), faire respecter la propriété intellectuelle en combattant fermement le piratage (livres, musique, journaux, films, logiciels...), équilibre budgétaire obligatoire hors investissement... je ne donne pas ici une liste complète. 

Politique socialiste partielle : syndicalisme obligatoire, salaire minimum, congés payés minimum, assurances sociales, banque unique -mais avec de vrais morceaux de libéralisme dedans, je ne peut développer ici-, prêts à l'état à taux zéro, protectionnisme, flexsécurité, impôt unique progressif basé uniquement sur les revenus...idem, pas de liste complète.

-que le régime qui seul peut mettre en place cet équilibre "social-libéral" est celui ou le pouvoir est indépendant de la fortune bourgeoise comme du nombre populaire, à savoir une monarchie inféodée aux principes du social-royalisme.

 

Pour conclure, je ne ferais que rappeller ce qui est dit au début de ce billet, à savoir que le but est de permettre l'épanouissement des valeurs bourgeoises comme des valeurs populaires, qui chacunes rendent la société plus agréable. Cela dit, cet épanouissement, plus qu'un but, est plutot un moyen d'atteindre ce but. Le vrai but est de vivre dans une société agréable, policée, prospère, esthétique, bonne et belle.

Mais pour ça, il faut une politique bien précise.