partition ethnique des Indes
Celle-ci date de 1947 et a été mal faite, causant des millions de morts, parfois dans des conditions atroces.
De plus, elle fut très incomplète, négligeant les différences purement ethniques (par "purement ethique, je veux dire en fait "racial", mais comme il paraît que ça n'existe pas, je dois bien trouver un terme, alors que "ethnique", dans mon esprit, inclut aussi langue, culture, religion etc.).
Voici donc une ébauche, certes bien maladroite (le monde indien m'est largement méconnu), mais qui vaut tout de même mieux que les frontières absurdes actuelles. (cliquez sur la carte pour agrandir)
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Oui mais c'est parce que
Les habitués le savent, ma vieille amie la migraine est une compagne fidèle. Depuis jeudi, elle m'accompagne. Répit total cet aprèm', mais ce soir, elle semble faire son come-back.
Vous comprendrez donc que l'analyse de régis debray, ben elle attendra, hein.
le mec qui a décidé du gout de l'aspirine était sûrement un sadique
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Atomic Nightmare
C'est un cauchemar récurrent que je fais plusieurs fois par an, et j'ai voulu le mettre en son et images.
Au fait, à quand Paul Tibbets, Harry Truman et Douglas McArthur condamnés pour crimes contre l'humanité ?...
LE texte sacré du national-républicanisme (1/2)
...date de 1995 et est signé par l'ex-moustachu Régis Debray (qui se revendique aussi gaulliste, mais plus le temps passe, plus j'ai ce mot en horreur, pas tellement à cause du Général mais...mais il me faudra revenir sur ce sujet intéressant un de ces jours).
Rappel du contexte : ce texte fut écrit peu après la grande bataille de Maastricht (1992) qui posait (sans doute pour la première fois depuis 1945) la question de la souveraineté national. Le référendum sur le traité fut, pour ma part, l'un des grands tournants de mon évolution politique (après, chronologiquement, la guerre du Koweït, et avant ma période de lectures -merci la fac de Brest pour votre BU !).
À l'occasion des débats, on assista à une fraction entre la gauche du non et celle du oui. C'est, grosso modo, de celà dont il est question dans le texte que vous allez lire. Des gens sympathiques mais un peu naïfs ont cru y lire un manifeste pour l'abolition du clivage droite-gauche -ou du moins pour sa redéfinition. Alas, amis ! Que vous vous trompiez !
Ami lecteur, lis attentivement ce long et intéressant texte ce jour, je te donnerai mon analyse d'icelui demain (et pas ce soir parce que j'ai une fois de plus mal à la tête).
"Etes-vous démocrate ou républicain ?"
Article publié dans Le Nouvel Observateur du 30 novembre 1989 et réédité dans le recueil intitulé "Contretemps. Eloges des idéaux perdus".
La question ne sera-t-elle donc jamais posée ? Celle qui commande à tous les débats du jour l’identité d’une république, par quoi notre pays fait, en Europe et dans le monde, exception. Hier, un Code de la Nationalité. Aujourd’hui, un foulard. Demain, n’importe quoi : polémiques écrans, batailles sans raison. On ne guérira pas ces mauvaises fièvres sans en déceler la cause première.
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Nous payons tous à présent, par une indéniable confusion mentale, la confusion intellectuelle entre l’idée de république issue de la Révolution française, et l’idée de démocratie, telle que la modèle l’histoire anglo-saxonne. On les croit synonymes, et chacun de prendre un terme pour un autre. Pourquoi les distinguer ? La société libérale et consumériste n’est qu’une figure parmi d’autres de la démocratie, mais si dominante et communicative qu’on la croit obligatoire, y compris dans les pays où la démocratie a pris d’autres visages.
Refuser par exemple à une jeune musulmane l’entrée d’une salle de classe tant qu’elle ne laisserait pas son voile au vestiaire ? « Bonne action », clamera le républicain. Non, « mauvaise action ! » s’indignera le démocrate. « Laïcité », dira l’un. « Intolérance », dira l’autre. (Vous et moi avons répété la scène ces derniers temps.) Querelle de mots ? Non : quiproquo des principes.
On peut se dire républicain sans se conduire en démocrate : certains voient même là notre tentation, voire notre héritage national. Royaume-Uni, Espagne, Belgique et beaucoup d’autres monarchies constitutionnelles témoignent à l’inverse qu’on peut être démocrate sans être républicain. Il est des républiques de nom, qui n’ont ni les principes ni les contraintes de la nôtre : ainsi l’Allemagne et les Etats-Unis, qui méritent pleinement leur nom de démocraties (quoiqu’il y eût beaucoup de république dans la démocratie de Lincoln, comme le montre encore aujourd’hui la puissance du Congrès). L’absence de monarchie héréditaire ne fait pas plus une république, au sens fort et propre du mot, que l’appellation démocratie populaire n’annonçait le pouvoir du peuple.
Chaque époque a ses fétiches. Nous avons à présent, et c’est tant mieux, les droits de l’homme, l’Europe, la société civile, l’État de droit. Démocratie est le plus grand de ces grands mots et il se voit de loin. On comprend l’attrait qu’il exerce sur les peuples de l’Est européen et de Chine, la vertigineuse espérance qu’il incarne à leurs yeux. Mais chez nous, c’est l’un de ces mots-valises qui confondent le genre et l’espèce, la classe et l’ordre. Nous sommes tous, en Europe, démocrates. Vive les élections libres ! Certes, ô combien. Mais l’humaniste ne crie pas « vive les glandes mammaires » parce que tous les hommes sont des mammifères. Les baleines, les chèvres et les humains donnent à téter à leurs petits, mais on demande à l’humaniste un peu plus de précision, et à l’humanité un petit effort supplémentaire. Comme l’Homo sapiens est un mammifère plus, la république est la démocratie plus. Plus précieuse et plus précaire. Plus ingrate, plus gratifiante. La république, c’est la liberté, plus la raison. L’État de droit, plus la justice. La tolérance, plus la volonté. La démocratie, dirons-nous, c’est ce qui reste d’une république quand on éteint les Lumières.
C’est une chose étrange en Europe qu’ « une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » selon le préambule de notre Constitution de 1958 (ou de 1946).
Ce statut de droit légitime un état de fait. A histoire unique, Constitution unique. Il en découle un certain nombre d’usages, d’inhibitions, de passions et de devoirs dont nos amis et voisins démocratiques ne cessent de s’ébaudir ou de s’indigner. Comme l’indiquent les articles stupéfaits ou rigolards consacrés à « l’affaire du voile » par les journaux européens les plus sérieux, il va de soi pour un Anglais ou un Danois que les Français sont une fois de plus tombés sur la tête. Ils n’ont pas tort. Depuis 1789, et plus exactement depuis 1793, lorsque des insensés eurent l’audace d’arracher à Dieu, pour la première fois, le gouvernement des hommes sur un canton de la planète, nous sommes marginaux et à contre-courant. Deux cents ans après et en dépit des apparences, notre République n’a pas en Europe de véritable équivalent. En 1889, il n’y avait que deux républiques sur notre continent : la France et la Suisse. Malgré quelques changements de noms, alentour, je me risquerai à soutenir que la situation, cent ans plus tard, n’a pas beaucoup changé.
A l’Audimat planétaire, nous voilà encore plus à l’index. Dans un monde où sur quelque 170 Etats souverains plus de 100 peuvent être déjà qualifiés de religieux, les nations laïques forment une minorité en peau de chagrin. Dans la Communauté européenne qu’on dit sécularisée, la laïcité n’est nulle part un principe constitutionnel. Pas plus qu’elle ne l’est aux Etats-Unis d’Amérique (où le Premier Amendement ne stipule que la séparation des Eglises et de l’État), ou en URSS, où régna pendant soixante ans une religion d’Etat, le marxisme-léninisme (les Eglises n’ont évidemment pas l’exclusivité du cléricalisme). Les crucifix continuent de trôner, bien sûr, dans les écoles publiques d’Espagne. La déchristianisation n’empêche pas les petits Danois de commencer leur journée scolaire par un psaume. Ni le « God Save the Queen » de retentir en Grande-Bretagne où l’anglicanisme est d’Etat. Ni le Code pénal allemand (article 166) de sanctionner le blasphème, comme celui de la Hollande, patrie de la tolérance, où Rushdie n’a dû d’être publié qu’à l’article 147 dudit code qui punit les seules injures faites à Dieu mais non à ses prophètes. Rappelons qu’en France le blasphème a cessé d’être un délit en 1791.
Coupons court aux anecdotes. Pasteurs ou prêtres fonctionnarisés, enseignement religieux obligatoire à l’école sauf demande expresse des parents, partis confessionnels dominants, bonne conscience ou culpabilité omniprésentes en toile de fond : dans l’Europe du Marché commun, la politique n’a pas véritablement conquis sa pleine autonomie sur le religieux, lequel garde par ailleurs le monopole du spirituel. Dans l’Europe vaticane et luthérienne, où pape, mollahs et rabbins battent le rappel des ouailles, la république reste un corps étranger, dont rien n’assure qu’il est inassimilable. Les décisions communautaires ne se prennent-elles pas désormais à la majorité ?
La laïcité n’a pas sa raison en elle-même : s’y arrêter ou s’en obséder, c’est la ruiner à terme. Elle n’est qu’un effet secondaire et dérivé d’un principe d’organisation. La clé de voûte de ce « pilier » n’est pas la démocratie — rarement laïque — mais la république, qui l’est nécessairement. Sa remise en question est logique. N’est-ce pas dans l’hiver 1940 que les devoirs envers Dieu furent rétablis dans les programmes de l’école primaire, et en 1941 que les curés furent autorisés à venir faire le catéchisme en classe ? Au moment où, cachée derrière un auguste Maréchal, une technocratie jeune, compétente et moderniste prenait à Vichy, entre un Mea culpa et un Te Deum, les commandes de l’État français, en lieu et place de « la République athée ».
Nous le savons bien : il faut mettre plus de démocratie dans notre République. Lui enlever cette mauvaise graisse napoléonienne, autoritaire et verticale ; cette surcharge de notables, cet héritage monarchique, cette noblesse d’Etat qui l’empâtent. La République française ne deviendra pas plus démocratique en devenant moins républicaine. Mais en allant jusqu’au bout de son concept, sans confusion.
Opposer la république à la démocratie, c’est la tuer. Et réduire la république à la démocratie, qui porte en elle l’anéantissement de la chose publique, c’est aussi la tuer. Comment les démêler, s’ils sont indissociables ? Selon quels critères idéaux ? Tout gouvernement, pour borné que soit son horizon, repose sur une idée de l’homme. Même s’il ne le sait pas, le gouvernement républicain définit l’homme comme un animal par essence raisonnable, né pour bien juger et délibérer de concert avec ses congénères. Libre est celui qui accède à la possession de soi, dans l’accord de l’acte et de la parole. Le gouvernement démocratique tient que l’homme est un animal par essence productif, né pour fabriquer et échanger. Libre est celui qui possède des biens —entrepreneur ou propriétaire. Ici donc, la politique aura le pas sur l’économie ; et là, l’économie gouvernera la politique. Les meilleurs en république vont au prétoire et au forum ; les meilleurs en démocratie font des affaires. Le prestige que donne ici le service du bien commun, ou la fonction publique, c’est la réussite privée qui l’assure là.
En république, chacun se définit comme citoyen, et tous les citoyens composent « la nation », ce « corps d’associés vivant sous une loi commune et représenté parle même législateur » (Sieyès). En démocratie, chacun se définit par sa « communauté », et l’ensemble des communautés fait « la société ». Ici les hommes sont frères parce qu’ils ont les mêmes droits, et là parce qu’ils ont les mêmes ancêtres. Une république n’a pas de maires noirs, de sénateurs jaunes, de ministres juifs, ou de proviseurs athées. C’est une démocratie qui a des gouverneurs noirs, des maires blancs et des sénateurs mormons. Concitoyen n’est pas coreligionnaire.
Au-dessus de la nation, il y a l’humanité. Au-dessus de la société, il y a Dieu. Le président à Paris prête serment sur la Constitution votée par ceux d’en bas, et à Washington sur la Bible, qui émane du Très-Haut. Le premier, après son « Vive la République ! Vive la France ! » terminal, ira se faire encadrer dans sa bibliothèque avec les « Essais » de Montaigne dans les mains. L’autre terminera son discours sur « God Bless America » — et se fera photographier sur fond de bannière étoilée.
En république la liberté est une conquête de la raison. La difficulté est que si on n’apprend pas à croire, il faut apprendre à raisonner. « C’est dans le gouvernement républicain, disait Montesquieu, qu’on a besoin de toute la puissance de l’éducation ». Une république d’illettrés est un cercle carré, parce qu’un ignorant ne peut être libre, participer à la rédaction ou prendre connaissance des lois. Une démocratie où la moitié de la population serait analphabète n’est nullement impensable.
En république, l’État est libre de toute emprise religieuse. En démocratie, les Eglises sont libres de toute emprise étatique. Par « séparation des Eglises et de l'État », on signifie en France que les Eglises doivent s’effacer devant l’État, et aux Etats-Unis que l’État doit s’effacer devant les Eglises. On comprend pourquoi : en souche protestante, terrain d’élection de la démocratie, le droit à la dissidence était inclus dans la croyance, l’esprit de religion ne faisant qu’un avec l’esprit de liberté, En terrain catholique, le droit à la dissidence a dû être arraché par l’État à l’Eglise parce qu’elle se posait en propriétaire éternel du Vrai et du Bien. Et le rang assigné aux recteurs d’université et aux membres de l’Académie par le protocole républicain est celui qu’occupent cardinaux et évêques dans les cérémonies démocratiques. Une république fait passer ses écrivains et ses penseurs avant, une démocratie après ses agents de change et ses préfets de police. Bon indice que l’évolution du protocole.
L’idée universelle régit la république. L’idée locale régit la démocratie. Ici, chaque député l’est de la nation entière. Là, un représentant l’est de sa seule circonscription, ou « constituency ». La première proclame à la face du monde les droits de l’homme universel, que personne n’a jamais vu. La seconde défend les droits des Américains, ou des Anglais ou des Allemands, droits déjà acquis par des collectivités bien limitées mais réelles. Car l’universel est abstrait et le local concret, ce qui confère à chaque modèle sa grandeur et ses servitudes. La raison étant sa référence suprême, l’État en république est unitaire et par nature centralisé. Il unifie par-dessus clochers, coutumes et corporations les poids et mesures, les patois, les administrations locales, les programmes et le calendrier scolaires. La démocratie qui s’épanouit dans le pluriculturel est fédérale par vocation et décentralisée par scepticisme. « A chacun sa vérité », soupire le démocrate, pour qui il n’y a que des opinions (et elles se valent toutes, au fond). « La vérité est une et l’erreur multiple », serait tenté de lui répondre le républicain, au risque de mettre les fautifs en péril. Le self-government et les statuts spéciaux ravissent le démocrate. Ce dernier ne voit rien de mal à ce que chaque communauté urbaine, religieuse ou régionale ait ses leaders « naturels », ses écoles avec programmes adaptés, voire ses tribunaux et ses milices. Patchwork illégitime pour un républicain.
La démocratie peut laisser proliférer les particularismes, s’éclater les égoïsmes parce qu’In God We Trust est sa devise intime, au reste inscrite sur chaque billet vert. La one nation under God ne risque pas de se désagréger parce que Dieu est un bon fédérateur. Elle peut se montrer matérialiste à gogo, individualiste en diable parce que le consensus intercommunautaire est pris en charge, quelle que soit la diversité des truchements confessionnels, par le message d’Abraham, (déposé sur la table de nuit de toutes les chambres d’hôtel). Les libéraux qui veulent importer en république une moitié de démocratie, sans son volet religieux, ne remplacent pas ce qu’ils détruisent car, amputée de son credo puritain, cette forme de gouvernement tourne à la jungle sans foi ni loi. Le pragmatisme n’est pas à la portée de la république, qui dépérit sans « grand dessein ». Car la métaphysique dont toute cité terrestre a besoin, elle ne peut la demander au Créateur ni à aucune Révélation. Elle doit être à elle-même sa propre transcendance. Elle peut donc mourir de gestion.
En république, l’État surplombe la société. En démocratie, la société domine l’État. La première tempère l’antagonisme des intérêts et l’inégalité des conditions par la primauté de la loi ; la seconde les aménage par la voie pragmatique du contrat, de point à point, de gré à gré. Au règne des fonctionnaires, là où l’État, « recteur et vecteur de la formation nationale »(Pierre Nota), a aussi assuré, et depuis longtemps, la régulation sociale, s’oppose celui des juristes en terre marchande et protestante, là où la règle advient par le local et le privé. Aussi bien le nombre de juristes (avocats, notaires, conseils juridiques) est-il en France très inférieur à celui des pays voisins :1 pour 2000 habitants, mais I pour 1 000 en Grande-Bretagne, 1 pour 1200 en RFA et 1 pour 500 aux Etats-Unis.
Une république se fait d’abord avec des républicains, en esprit. Une démocratie peut fonctionner selon la lettre, dans une relative indifférence, en se confiant à la froide objectivité de textes juridiques. 50 % d’abstentions aux élections privent une république de substance, mais n’entament pas une démocratie. Le gouvernement des juges n’est pas républicain. Pas seulement parce qu’il dépossède le peuple législateur de sa souveraineté il dispense chaque citoyen de vouloir, en son âme et conscience, ce que les lois lui dictent.
Et cela n’est pas contradictoire avec ceci que la démocratie met à l’honneur le moralisme parce qu’elle confond le privé et le public, les vertus personnelles et les obligations civiques. On y prend volontiers la charité pour la justice, l’abbé Pierre pour phare, la Croix-Rouge et les Restos du Cœur pour une réponse satisfaisante à la « question sociale ». La république qui sépare soigneusement le privé du public — pour les mêmes raisons qu’elle sépare le spirituel du temporel — se refuse à juger ses hommes publics sur leur vie privée (comme aux Etats-Unis). Elle préfère le civisme. A ses yeux, on ne fait pas de bonne politique avec de bons sentiments ni même une morale. Il peut donc lui arriver d’exercer une justice sans charité.
Une démocratie, si elle est petite ou moyenne, ou en dette avec son passe, peut avoir un statut de protectorat militaire sans malaise ni reniement. L’Allemagne, le Japon, l’Italie sont des démocraties. Une république ne peut remettre à un tiers le soin de se défendre sans se nier comme république. La liberté à l’intérieur ne fait qu’une avec la souveraineté à l’extérieur. S’y appelle patriote celui qui, ne séparant jamais l’amour de la liberté de l’amour de son pays, ne reconnaît à sa patrie aucune supériorité d’essence sur ses voisines. En opprimant plus faible qu’elle, une république viole ses propres principes, et le découvre tôt ou tard. En démocratie, les patriotes portent le nom de nationalistes, qui sont gens redoutables car prêts à échanger la liberté contre la puissance.
Là où chaque citoyen doit pouvoir répondre de la liberté des autres, et donc, le cas échéant, porter les armes, on met la nation dans l’armée et l’année dans la nation. Que vaudrait l’égalité des citoyens devant la loi sans l’égalité devant la mort, et dés maintenant le service national ? Le principe républicain recommande l’armée de conscription. En démocratie, la défense nationale est souvent en temps de paix l’apanage de professionnels (comme aux Etats-Unis et du Royaume-Uni).
En république, la citoyenneté ne dépend pas d’une situation de fait mais d’un statut de droit. Le droit de vote, par exemple, on l’a ou on ne l’a pas, mais si on l’a, c’est à part entière. La souveraineté populaire ne se débite pas en tranches et les droits politiques ne se hiérarchisent pas. Une démocratie en revanche peut admettre d’avoir des citoyens de première, deuxième, troisième classe (un peu comme à Athènes) : elle seule peut distinguer entre « droit de vote aux élections municipales » et « droit de vote aux élections nationales » — distinction contraire à l’éthique comme à la légalité républicaines.
En république, il y a deux lieux névralgiques dans chaque village la mairie, où les élus délibèrent en commun du bien commun, et l’école, où le maître apprend aux enfants à se passer de maître. Ou encore, pour faire image, l’Assemblée nationale et la Sorbonne. En démocratie, ce sont le temple et le drugstore, ou encore la cathédrale et la Bourse.
La république, dans l’enfant, cherche l’homme et ne s’adresse en lui qu’à ce qui doit grandir, au risque de le brimer. La démocratie flatte l’enfant dans l’homme, craignant de l’ennuyer si elle le traite en adulte. Nul enfant n’est comme tel adorable, dit le républicain, qui veut que l’élève s’élève. Tous les hommes sont aimables parce que ce sont au fond de grands enfants, dit le démocrate. Cela peut se dire plus crûment: la république n’aime pas les enfants. La démocratie ne respecte pas les adultes.
En république, la société doit ressembler à l’école, dont la mission première est de former des citoyens aptes à juger de tout par leur seule lumière naturelle. En démocratie, c’est l’école qui doit ressembler à la société, sa mission première étant de former des producteurs adaptés au marché de l’emploi. On réclamera en ce cas une école « ouverte sur la vie », ou encore une « éducation à la carte ». En république, l’école peut être qu’un lieu fermé, clos derrière des murs et des règlements propres, sans quoi elle perdrait son indépendance (synonyme de laïcité) à l’égard des forces sociales, politiques, économiques ou religieuses qui la tirent à hue et à dia. Car ce n’est pas la même école, qui se destine l’une à libérer l’homme de son milieu et l’autre à mieux l’y insérer. Et tandis que l’école républicaine sera réputée produire des chômeurs éclairés, on verra dans l’école démocratique une pépinière d’imbéciles compétitifs. Ainsi va la méchanceté, par tirs croisés.
La république aime l’école (et l’honore); la démocratie la redoute (et la néglige). Mais ce que les deux aiment et redoutent le plus c’est encore la philosophie à l’école. Il n’est pas de moyen plus sûr pour distinguer une république d’une démocratie que d’observer si la philosophie s’enseigne ou non au lycée, avant l’entrée à l’université. On verra que dans la partie la plus démocratique de l’Europe, celle du Nord, de souche protestante, c’est l’enseignement religieux qui en tient lieu dans les classes terminales. Les systèmes d’enseignement démocratiques tiennent la philosophie pour un supplément d’âme facultatif, à se partager entre pasteurs et poètes. En république, la philosophie est une matière obligatoire, qui n’a pas pour fin d’exposer des doctrines mais de faire naître des problèmes. C’est l’école et notamment le cours de philosophie qui, en république, relie d’un lien organique les intellectuels au peuple, quelle que soit l’origine sociale des élèves.
Parce qu’elle est une idée, philosophique, la république est interminable, Elle se poursuit elle-même indéfiniment dans l’histoire, et ce qui la porte en avant est cet infini même, cette insatisfaction de soi. Farce qu’elle est un fait, sociologique, la démocratie peur se trouver belle en son miroir. Ce contentement de soi assez fréquent permet une propagande ethnocentrique mais efficace, Se jugeant indépassable, une démocratie se donne en modèle mondial, non sans bonne conscience. Se sachant imparfaite, et toujours trop particulière au regard de la République universelle qu’elle appelle de ses vœux, une république ne sera jamais qu’un exemple.
En démocratie, où l’opinion fait loi, l’argent fait prime. Les appareils de production d’opinion coûtent en effet de plus en plus cher, L’image déclasse l’idée, l’oral domine l’écrit ; et dans les campagnes électorales d’une démocratie, l’affiche exhibe la photo couleur (coûteuse) du candidat, non sa profession de foi écrite noir sur blanc (bon marché). Aussi le publicitaire commande-t-il au responsable politique, qui en règle générale devra manœuvrer, après son élection, sous chantage médiatique. Il réglera sa politique selon les images qu’on peut ou non en donner, ajustant ses décisions successives aux degrés d’un baromètre dit d’opinion, lui indiquant chaque semaine la cote de popularité des uns et des autres. Tout comme le directeur d’une chaîne de télévision ajuste dans sa programmation l’offre à la demande en fonction des résultats de l’Audimat.
En république, le principe, qui est autre chose que le compromis des intérêts, règle les conduites. Un parti politique, par exemple, n’est pas une machine à conquérir et conserver le pouvoir. Il s’accorde non sur un visage ou une vague promesse mais sur un programme, et si le Souverain passe contrat avec lui, par son vote, ce parti sera tenu d’honorer son contrat. Pas plus qu’elle ne confond l’instruction avec l’information ou la recherche des raisons premières des choses avec les dernières nouvelles du monde, la république ne fait pas l’amalgame entre le suffrage et le sondage, la cité et la société. Car ceux qui confondent le peuple et la foule, ce qui est institué et ce qui est déchaîné, finissent par confondre la justice et le lynch. Ce qui doit être et ce qui est. Ce qui mérite de rester et ce qui mérite de passer.
Le maître mot en démocratie sera donc communication. Et en république, institution. Il n’est pas étonnant que dans le vocabulaire républicain, instituteur ou institutrice soit un terme noble, comme la fonction, alors qu’il tend à faire honte en démocratie. Du rectangle sacré — tableau noir ou petit écran — dérivent deux types de nomenklatura. Chaque régime sa noblesse. Celle de la vie et celle du diplôme. Le journaliste, le publicitaire, le chanteur, l’acteur, l’homme d’affaires composent le Gotha d’une démocratie. Le professeur, le tribun, l’écrivain, le savant, et même, paradoxe apparent, l’officier, composent celui d’une république.
Une démocratie peut vivre à son aise dans le vacarme ambiant, sûr qu’à terme un ordre s’en dégagera tout seul. En république, la distinction et le discernement exigent des enceintes et des plages de silence. La première peut se définir comme on optimisme du bruit et la seconde comme un optimisme du recueillement. La « fête de la musique » (comme s’appelle ce jour-là le bruit) incarne la philosophie d’une démocratie, la minute de silence concentre l’âme d’une république.
La mémoire est la vertu première des républiques, comme l’amnésie est la force des démocraties. Là où l’homme fait l’homme, chaque enfant en naissant est âgé de six mille ans. Quand on n’a que l’histoire pour soi, s’amputer du passé serait se mutiler soi-même. Quand c’est Dieu qui fait l’homme, il le refait intact à chaque naissance. Inutile de se remémorer ce qu’il y avait avant nous, chaque époque recommence l’aventure à zéro. Les plus grands honneurs seront rendus ici aux bibliothèques, là aux télévisions. Car, si les bibliothèques sont les cimetières préférés des grands morts, dont le culte définit la culture, la télévision tue le temps agréablement. Une république comme une bibliothèque est composée de plus de morts que de vivants, alors qu’en démocratie comme à la télé seuls les vivants ont le droit d’informer les vivants. Chaque système a ses inconvénients, on en discute.
La république aime l’égalité, sans être égalitariste. Car ce n’est pas la justice mais le ressentiment qui entend niveler les conditions et les récompenses sans tenir compte des capacités et des efforts. Il s’agit de les proportionner — éternel problème sans formule passe-partout, dont la solution toujours précaire appelle l’interminable combat pour la justice. L’égalité sociale n’est pas au programme de la démocratie où l’on parle d’autant plus haut et fort des libertés publiques et individuelles qu’on veut surmonter l’embarras suscité par les inégalités économiques. Sous le terme d’« égalité », le démocrate peut se contenter de l’égalité juridique devant la loi ; mais le républicain y ajoute obligatoirement une certaine équité des conditions matérielles, sans laquelle le pacte civique devient, à ses yeux, un faux-semblant léonin. Le fait que des myriades de parias et d’intouchables y meurent chaque jour sur les trottoirs n’empêche pas l’Inde d’être une authentique démocratie (malgré son nom de République). Le fait qu’à New York des milliers de homeless et de drogués dorment dans les parcs en hiver, que les pauvres aient leurs hôpitaux et leurs écoles et les riches les leurs, sans comparaison possible, n’enlève rien au rayonne ment mondial et justifié de la statue de la Liberté. Il n’y a plus, dans un pays, de république, mais il y a encore démocratie lorsque l’écart des revenus et des patrimoines y est de l à 50. L’idéal républicain postule, lui, un certain respect des proportions. Les salaires faramineux des vedettes et des puissants du jour, par hasard révélés au public, ne suscitent chez le fauché démocrate qu’un haussement d’épaules simples rançons, dira-t-il, de la liberté d’entreprendre. Ce n’est pas, en revanche, pour le républicain, poser à l’ascète ou au spartiate que de réprouver les fossés du luxe et l’accroissement des privilèges. La pauvreté émeut une démocratie elle ébranle une république. La première veut un maximum de solidarité— et quelques dons. La seconde, un minimum de fraternité, et beaucoup de lois. Et ce que l’une confie à des fondations, l’autre le demande d’abord à des ministères.
On peut aussi traduire ces deux sensibilités en idéologies rassurantes et répéter avec les grands ancêtres le socialisme, c est la république, et le libéralisme, la démocratie, poussées l’une et l’autre jusqu’au bout. Mais cette opposition, parfaite ment exacte, apparaîtra rétro aux lecteurs de « Globe ». Les socialistes eux-mêmes, ces « vieux républicains », se voulant désormais jeunes et branchés, le thème « inégalités sociales » passe derrière l’antienne « droits de l’homme ».
Un républicain se gardera de dissocier l’homme du citoyen parce que c’est l’appartenance à la cité qui donne à un homme ses droits politiques. Dés le moment où l’individu n’est plus traité comme citoyen mais comme un simple particulier, l’esclavage pointe à l’horizon — et dans l’immédiat, l’arbitraire, qui est l’absence de lois. La liberté en république n’advient à l’individu que par la force des lois, c’est-à-dire par l’Etat. Il n’est pas étonnant que les démocrates ne parlent que des « droits de l’homme » quand un républicain ajoute toujours : « et du citoyen ». Ajout qui n’est pas à ses yeux complément mais condition. Comme la laïcité est la condition de la tolérance et non son opposé.
Cela n’interdit pas qu’en son privé, et assez souvent, le républicain réfractaire à l’air du temps se conduise en « individualiste » et le démocrate, âme poreuse que le social oblige, en « socialisé ». L’individualisme, dont la démocratie fait religion, devient alors l’âme d’un monde sans individus, l’arôme spirituel du mouton. La statistique promeut plus sûrement l’opinion médiocre que l’opinion éclairée. Les chambardeurs qui vénèrent la différence, brocardent vulgates et orthodoxies, baptisent « liberté » le « fais ce que voudras », se ressemblent parfois plus entre eux que les esprits rangés pour qui la liberté consiste à bien penser et à faire ce qu’on doit. Thélème n’est pas toujours où l’on pense.
Combler les écarts entre individus, c’est l’idéal d’un monde où une discussion est dite utile lorsqu’elle permet à des adversaires d’harmoniser in fine leurs points de vue en émoussant les arêtes, comme si la démocratie nous imposait ce devoir envers autrui : tomber d’accord. En république, on ne juge pas inutile de débattre pour clarifier ses différences, voire pour les aiguiser dans un mutuel respect. « Les extrêmes me touchent » est le mot d’un républicain. « Tout ce qui est excessif est insignifiant »celui d’un démocrate. La gageure du républicain: allier la malséance à la courtoisie. Incommode, on le voit, ce régime qui a d’abord besoin d’esprits incommodes.
La démocratie, qui marche au consensus, a besoin, pour se désennuyer, de scandales et de « révélations », comme de « in » et de chic, la mode servant d’ombre portée au conformisme. Monstre d’orgueil et âme noble, Stendhal est le républicain par excellence. Son ami Mérimée, un démocrate profond. Victor Hugo est républicain, Sainte-Beuve démocrate. (Faubert ni l’un ni l’autre.) Il fallait être un peu seigneur pour dire non à Napoléon III, ami des pauvres et champion avoué de la démocratie, à qui le suffrage universel donna la majorité jusqu’à la fin. Minoritaire, un républicain s’enflamme. Un démocrate en minorité est un homme (ou une femme) déprimée(e).
Il n’y aurait pas jeu de société plus actuel que le « qui est quoi ? » Joxe et Chevènement, « républicains » ? Lang et Jospin, « démocrates » ? Chevènement a rendu son honneur à l’Ecole, mais Joxe admet volontiers le « foulard » dans l’école publique. Rien n’est simple. Mitterrand semble « républicain » dans l’adversité, « démocrate » par beau temps, vent en poupe (cela vaut mieux que l’inverse). Janus bifrons, il file à présent des jours tranquilles à l’Elysée. Michel Rocard est un démocrate type. Dans les allées du pouvoir, partout, les républicains ont cédé le pas. En règle générale, le républicain n’aime pas l’économie, qui le lui rend bien, Les inspecteurs des Finances, eux, adorent la démocratie. On sait qu’avoir l’économie pour idéal conduit vite à faire l’économie de l’idéal. A l’inverse, ne pas faire ses comptes, c’est faire bon marché de la sueur des hommes. Trop d’économisme tue la république ? Pas assez, aussi. Rien n’est simple. « Le Monde » fut longtemps un journal « républicain ». « Libération » est un journal « démocrate » depuis le début. Antirépublicain de naissance, en quelque sorte, par filiation soixante-huitarde.
Il pourrait s’en déduire une petite caractérologie amusante pour longue soirée d’hiver. Si forte est l’interpénétration des types que vous serez sûr, au moment de dire une vérité, de faire aussi une bourde, Mais comment résister à la tentation d’observer que le républicain est meilleur à l’écrit et le démocrate à l’oral ? L’un séduit (hommes ou femmes) en marquant ses distances : c’est un froid(e). Il (ou elle) peut en jouer. C’est un être de fidélité, mais égoïste. L’autre est chaleureux, plus facile d’accès. Il propose à tous et à toutes et tout de suite de bons moments. C’est un être de proximité. De fugacité aussi. Quand il parle en public, le républicain semble emphatique ou cassant. Ce qu’il dit est peut-être juste, mais cela sonne faux. Le démocrate est enjoué et piquant : c’est peut-être faux mais ça sonne juste. Pour celui-ci, un homme en tête du hit-parade ne peut pas être tout à fait mauvais. Ni un auteur non reconnu vraiment bon. L’autre aussi lira son Top 50 mais de bas en haut. Le républicain est-il misogyne ? Et le démocrate androgyne ? Dangereux dans notre culture sont les poncifs sexuels. Mais éclairantes, les polarités. Disons alors que l’Homo republicanus a les défauts du masculin, l’Homo democraticus, les qualités du féminin. Au républicain importe surtout le temps qui passe, celui qui ronge et dégrade l’énergie.
D’où l‘angoisse, la crispation. On se raidit parce que cela se défait tout seul. Au démocrate importe d’abord le temps qu’il fait. Pas d’inquiétude, les saisons tournent, et le soleil viendra après la pluie. Le jean après le tchador. La réconciliation après la bataille. Il croit si peu en la guerre qu’il prépare déjà la paix au premier coup de feu. C’est dangereux en période de crise. Qui est le sage, qui est le fou ? Comment savoir ? Il faudrait les marier, ces deux-là. Ça réduirait les risques. Rassurez-vous. La vie le fait toute seule, comme en se jouant.
En matière politique, la critique des beautés n’est guère conseillée. On préfère s’attarder sur les anomalies et les monstruosités. Non sans motif: elles nous dévoilent, dit-on, le fond des choses. Il y a une pathologie de la république. Au siècle dernier, Hippolyte Taine, l’auteur le moins lu et le plus cité par nos hommes de gauche modernes (à leur insu), a tout dit sur le jacobin glacial et sans âme, égaré par l’esprit de géométrie, méprisant les hommes réels au nom d’une idée de l’homme. Cet « abominable » théoricien ce « régent de collège » est un danger public ambulant. Regardez-le passer. Sec, maigre, suspicieux — une guillotine au fond des yeux. Ecoutez-le parler. Il explique tout et ne comprend rien. Et tout n’est pas faux dans cette caricature conservatrice. Il est vrai qu’une république malade dégénérera en caserne, comme une démocratie malade en bordel. Une tentation autoritaire guette les républiques incommodes, comme la tentation démagogique les démocraties accommodantes.
Il serait décent de mettre en vis-à-vis les dérapages, mais les adversaires de chaque modèle crieront à la fausse symétrie. C’est un fait qu’aujourd’hui la critique du modèle républicain s’exerce volontiers à partir de sa maladie. Dans la fermeté des principes, on dénoncera la rigidité des attitudes; dans la volonté de cohérence, le goût de la coercition ; dans la logique, le simplisme. Le républicain inculpé ne trouvera qu’avantage à retourner le compliment au démocrate : vous me jugez arrogant (le terme le plus fréquemment associé à « français » dans toutes les bouches d’Europe) ? Je vous trouve bien complaisant. Dogmatique, moi ? Regardez-vous dans la glace, jeune homme plus éclectique que vous on meurt. Vous vantez votre souplesse, pour vous cacher votre mollesse. Réaliste, vous ? Opportuniste, vous voulez dire. Vous me voyez guerrier et sectaire? Je vous vois capitulard et courant d’air. Ces échanges de politesses permettent à chaque camp de resserrer les rangs. La diatribe a cet avantage qu’elle évite le dialogue. Chacun se trouve beau dans le miroir déformant du voisin : la polémique par la pathologie est une ruse classique du narcissisme.
Ce n’est pas un hasard si les formes monstrueuses de la république excitent à présent mille fois plus de railleries que celles de la démocratie. Le rapport des sarcasmes traduit le rapport des forces. Dans la République française de 1989, la république est devenue minoritaire. Et le minoritaire aux yeux du démocrate est toujours laid.
Le démocrate a vaincu. Le républicain ne semble plus mener que des combats d’arrière-garde. Cette victoire par KO ne sanctionne pas la fin d’un match, pour la simple raison qu’il n’y a pas eu affrontement mais un glissement de plaques tectoniques sous nos pieds. La nation continue de parler en république, la société agit et pense en démocratie. Il y a décalage entre la norme et la culture, entre l’histoire de France et la vie des Français. Ce déphasage entre le protocole et les usages explique le porte-à-faux des élèves et des professeurs. Comme le montrent les enquêtes sur le voile, un Français de plus de 45 ans a deux chances sur trois de réagir en républicain, et de moins de 25 en démocrate. La république paraît une idée de vieux. L’école laïque aussi, Ni l’une ni l’autre ne sont « sympas ». Elles impliquent des devoirs quand tout alentour nous parle droits de l’homme, avoir sans débit, plaisir sans peine. Intégration sans règle. Les démocrates aiment mieux la jeunesse que les principes ?. Ce n’est pas une nouvelle. L’époque est à l’ample, non au cintré ; aux épaulettes, non à la blouse grise. Il faut vivre avec son temps, peu importe la loi si elle est d’un autre âge. Ainsi avons-nous célébré en 1989 la naissance de l’idée française dans les formes américaines, et tout le monde d’applaudir au défilé Goude, apothéose démocratique, abomination républicaine. « On m’a volé mon Bicentenaire » ? Non : on m’a volé ma République.
Disons qu’il y a eu décalage entre l’intention et le résultat. Parti en 1981 pour « réconcilier le socialisme et la liberté », grandiose aventure, la gauche en est arrivée à réconcilier Raymond Barre avec Harlem Désir. C’est méritoire, mais pas vraiment surhumain, car ils n’étaient pas vraiment brouillés (la convivialité n’ayant jamais fait tort à la Bourse). Sous le nom de « socialisme »,les descendants du Parti républicain prônent et pratiquent la démocratie libérale, Michelet a accouché de Tocqueville. Bonne ou mauvaise, la surprise mérite explication.
On ne reprendra pas ici dans le détail les crises, mutations, métamorphoses, écroulements, dépassements qui ont envoyé à la trappe, à domicile, le modèle républicain. Les sociologues font fort bien leur métier, et c’est évidemment un phénomène de société que l’abdication de l’idée devant l’image, du père devant le fils de pub, de la chose publique devant les cultes privés.
Il faudrait évoquer l’affaiblissement matériel, objectif, mesurable, de la France dans le monde. Cette mise à niveau a rasé les vieilles haies du bocage, donnant libre cours au vent d’Amérique qui balaie tout sur son passage. Comme le soft chasse le hard, les santiags les galoches, le compact les 45-tours. Et le fax le bélino. Les sociologues parlent d’acculturation, comme les philosophes jadis d’aliénation, pour décrire ces situations où le propre est vécu comme autre et l’étrangeté comme propre. La république, frappée parait-il d’obsolescence technologique comme un produit de première génération, est sentie par ses inventeurs comme une chose étrangère et étrange, un folklore un peu comique. Non ou pas seulement parce que les sciences sociales ont supplanté la philosophie à l’université, mais perce que des deux côtés de la rue Soufflot, à l’angle du boulevard Saint-Michel, un Free Time et un McDonald’s ont remplacé le Maheu et le Capoulade. Les formes du décor urbain ont plus d’incidence qu’on ne croit sur les contenus d’enseignement. Ce qu’on mange sur ce qu’on croit, et ce qu’on entend sur ce qu’on attend.
Notre establishment intellectuel, qui regarde l’histoire de France depuis les self-services d’outre-Atlantique, n’en revient pas de nos menus à prix fixe. Aussi a-t-il escamoté « De la République en France » sous « De la démocratie en Amérique ». Tournant le dos à Michelet, ce naïf, ce pompier, il a demandé à M. Tocqueville de présenter 1789 au public, c’est-à-dire d’expliquer la Révolution comme une simple étape locale de l’avènement démocratique mondial, qui met la Révolution entre parenthèses, et la République. Notre establishment médiatique monte en une « la fin de l’Histoire » de M. Fukuyama, fonctionnaire au Département d’Etat américain, qui, dans la revue « National Interest » (imagine-t-on une revue française avec un pareil titre ?), traduit fort improprement ce que M. Kojève expliquait fort subtilement à Paris après guerre et à sa suite des dizaines de philosophes français. Notre establishment politique tient pour un progrès qu’un gouvernement de gauche saisisse le Conseil d’Etat et non le parlement sur la question de l’école. « Etat de droit » fait chic, « peuple souverain », ringard. Le gouvernement des juges n’est-il pas le dernier mot de la démocratie ? Les « autorités administratives indépendantes » ne sont-elles pas, partout, des garants d’objectivité et de neutralité? Bien archéo, le naïf qui croit que le juge était là pour appliquer la loi, et le citoyen pour la faire. C’est l’inverse.
Il faudrait évoquer l’abaissement de l’Etat et de l’idée d’Etat au-dedans. Le recul du service public sous couvert de la lutte contre les monopoles d’Etat. Le salut par la privatisation, le mécénat et la sponsorisation, l’alignement des chaînes publiques sur les chaînes privées, et tant de reconversions amplement décrites. La République ne veut pas un Etat fort mais un Etat digne. Quand, les ressources budgétaires en baisse, la dignité devient hors de prix, le mieux-disant démocratique emporte le marché. Ce n’est pas un choix mais un automatisme.
Il faudrait évoquer la crise de la raison et de l’universel du XVIIIème siècle, Hiroshima et Tchernobyl, mais aussi Lévi-Strauss, Freud, Nietzsche et le père Marx qui ont, sans aucun doute, relativisé les absolus de Condorcet, tous les présupposés de son club de pensée ingénument baptisé Société des Amis de la Vérité, qui le premier en France lança, en 1971, le manifeste républicain. Sans oublier le retour de la famille et des bons sentiments, la victoire de la tripe sur la logique, de l’humanitarisme sur l’humanisme. La promotion du médecin et la dépression du militant. Le regain de la vie associative et l’évaporation des partis.
Il faudrait évoquer la décentralisation, le come-back des notables, la nouvelle gloire des féodalités provinciales, le retour de Maurras par la gauche, « vivre au pays » et « droit à la différence ». La réhabilitation démocratique de l’Ancien Régime et de ses « diversités ». La régionalisation pédagogique, l’abandon subreptice du concours national comme de l’inspection générale, bref la liquéfaction de l’école comme institution au bénéfice des « communautés éducatives ». Il nous faudrait surtout et d’abord parler de l’Europe, notre beau messianisme de riches.
Ce gros et mol estomac se fait assez peu remarquer. C’est que nous sommes dedans, et son action est lente. Les sucs gastriques communautaires dissolvent en silence les divers résidus des accidents de l’histoire européenne. Contre-culture assez singulière, la république était l’un d’eux. Sa digestion se fait démocratiquement à la majorité. Par réduction des marges de souveraineté de l’Etat et subordination du législateur au technocrate, qui n’a à répondre de rien devant personne. La bouillie sera-t-elle conforme ? Pas plus qu’on ne naît laïque on ne naît républicain : on le devient. On peut aussi, et pour les mêmes raisons, cesser de l’être. La république n’est pas une prédestination mais une situation. Elle se gagne par l’effort, et se perd sans effort. L’avenir dira si « l’intégration européenne » désignera ou non la meilleure façon qu’avait l’Europe d’enlever de sa chaussure le petit caillou français, que lui avait glissé en partant, la vilaine, notre Révolution.
Dans l’Europe des régions, des capitaux et des obédiences, le premier Etat-nation du continent devient retardataire. On s’était cru en avance parce qu’on avait chassé le Bon Dieu de la présidence, pour qu’une société se fonde non sur l’obéissance des fidèles, ni sur l’appétit de consommateurs, mais sur l’autonomie des citoyens. Si Dieu revient un peu partout avec ses capucins et ses traders, en force ou en douceur, l’avant-garde se retrouve à la remorque. Pour se montrer concurrentielle, la France devra-t-elle alléger son train de vie, se décrisper en quelque sorte ? Une république à Bruxelles, n’est-ce pas bien encombrant ?
Le modèle du pays libéral, qui suppose de moins en moins de citoyens dans les rues et de plus en plus d’individus à la maison, inspire la Communauté des convoitises, non celle des principes. « Eppur se muove ». N’est-ce pas fuir la réalité que d’habiller l’Europe des banquiers, la seule qui existe, avec le bleu de chauffe d’une Europe des travailleurs dont l’espoir ne luit que dans nos banquets ? La gauche française a fait de la construction européenne un mythe de substitution, censé combler le vide laissé dans les esprits par l’abandon du projet de construction d’une société nouvelle (ce dernier s’étant brisé, comme la barque de l’amour, contre la réalité). Elle n’avait peut-être pas le choix.
Mais c’est un piège : si les socialistes veulent être de bons Européens, ils seront de mauvais socialistes. Et vice versa.
Il suffirait de bons républicains. Et qu’au lieu d’apprendre de nos partenaires le B.A.-Ba de la démocratie libérale, en bons élèves méritants, ils soient assez lucides et culottés pour leur proposer les rudiments de la république (laïque et démocratique). Il n’est rien dont l’Europe ait aujourd’hui plus besoin : restituer aux individus leur dignité de citoyens. Si l’espace public ne leur confère plus cette dignité, ils iront la chercher ailleurs. Car il n’est pas de lien social sans référence symbolique. L’Etat commun à tous viendrait-il à perdre la sienne que les Eglises et les tribus le remplaceraient bientôt dans cette fonction unificatrice. Par simple appel d’air. Quand une république se retire sur la pointe des pieds, ce n’est pas l’individu libre et triomphant qui occupe le terrain. Généralement, les clergés et les mafias lui brûlent la politesse, tant il est vrai que chaque abaissement moral du pouvoir politique se paie d’une avancée politique des autorités religieuses, et d’une nouvelle arrogance des féodalités de l’argent.
Car le sentiment ne suffit pas. Il faut à la liberté personnelle des institutions, à la volonté raisonnable des appartenances. Elles s’affaissent sans ossature. Une société de compassion et de bonnes paroles, sans règles ni discipline, ouvre la porte à des duretés imprévisibles. Hier, c’est l’Etat et ses censures qui menaçait l’autonomie de l’individu, comme la liberté de conscience et d’expression. Aujourd’hui, c’est de la « société civile » — tohu-bohu d’appétits et d’intolérances masquées —que montent les plus grands périls (les demandes d’interdiction et d’exclusion). La loi du cœur ne peut à elle seule faire face à la montée de pouvoirs de plus en plus intolérants et incontrôlés — médias, clergés, sciences, administration. La défense de l’autonomie individuelle passe à présent par la défense de l’Etat républicain et de la société qui lui correspond. L’ironie du sort faisant du plus impossible des régimes politiques le plus nécessaire. Du plus ringard, le plus futuriste.
* * *
Et si la République, qui est d’hier, revenait demain ? Ce ne serait pas la première pirouette de l’opéra-planète qui n’a jamais cessé de suivre en son for intérieur le mot d’ordre de Giuseppe Verdi : « Tournons-nous vers le passé, ce sera un progrès ». Pour être résolument modernes, osons être archaïques. C’est en ressuscitant l’Antiquité gréco-romaine que les hommes de la liberté, ces grands nostalgiques, enjambant le XVIIIème vers l’arrière, ont devancé tous leurs contemporains. Nous oublions trop que l’Ancien Régime, c’était leur modernité à eux. Ne la trouvant pas assez moderne, ils vainquirent l’ancien par l’antique : le style Louis XV par la rhétorique Brutus, Boucher par David. L’invention du futur a de ces ruses, comme si l’histoire, parfois, devait reculer pour mieux sauter.
On voulait hier nous enfermer dans le dilemme d’un capitalisme libéral, élégant et cynique, et d’un socialisme étatiste, idiot et cynique. On a bien fait de ne pas choisir. Le premier ne satisfait pas l’essentiel en l’homme, qui est d’ordre culturel. Le second, qui trépasse, n’assurait même pas le minimum vital. Voudrait-on aujourd’hui pour faire pièce au nous-autres de l’Homo religiosus nous sommer de rallier le moi-je de l’Homo economicus qu’on répondrait : merci beaucoup, le nous-tous de la reconnaissance civique suffit. Il se pourrait en effet que le progrès, rétrograde à sa façon, nous donne à choisir entre deux sortes de retour la régression religionnaire ou la régression républicaine. Les tribus ou la nation. Les capucins ou les proviseurs. Auquel cas nous aurions tout intérêt à demander à Condorcet, Michelet et Jules Ferry de revenir faire trois petits tours à la télé. Une République française qui ne serait pas d’abord une démocratie serait intolérable. Une République française qui ne serait plus qu’une démocratie comme les autres serait insignifiante.
Régis Debray
De la chute de Rome, la population française et le déclin de l'Occident
J'aime bien aller voir, de temps à autre, ce que pense l'Ennemi (ou plus précisément, un faction de l'Ennemi). En l'occurrence, ici, le site néoconservateur, libéral et israëlolâtre dreuz.info.
Dans cet article, l'un des contributeurs, Michel Gurfikniel tente un parallèle entre la chute de l'empire italien (Rome, quoi) et celui de l'empire démocrate-[trotsko]-libéral (l'Amérique et ses colonies, quoi)
J'aurais pu foutre là une tof de Gurfinkiel, mais vous avez de la chance, lecteurs !
Je cite Gurfinkiel :
Mais en fait, nous le savons aujourd’hui à la suite de Fernand Braudel et de William McNeill, Rome est morte de maladie. Le saturnisme a décimé l’aristocratie, dont la vaisselle d’or et d’argent était fixée au plomb. Et les épidémies ont englouti le peuple.
Primo, j'ignorais que le saturnisme était contagieux ! Secundo, il fallait vraiment être un mesquin Matérialiste (au sens religieux du terme) pour haïr à ce point les causes politiques, ethniques, sociales ou économiques de la chute de l'empire. Repensez à cet extraordinaire point de vue deux secondes : Rome est morte de son système de canalisation et de ses couverts en plombs ! C'est hallucinant de connerie !
Certes, ça n'a pas aidé à l'état sanitaire de la population mais visiblement, Braudel, de sa pédante hauteur de vue du temps long ignorait que sous l'empire, et plus particulièrement après la militarisation du régime, vers l'an 200, les aristocrates n'avaient plus d'influence sur la politique romaine. Leur influence, en réalité, déclinait déjà un siècle avant l'avènement d'Auguste !
Un historien bien plus sérieux, Paul Kennedy pensait que ce déclin était inévitable et était du au caractère...impérial de Rome. Une surface trop grande suppose d'une part des conflits ethniques potentiels à l'intérieur et d'autre part des frontières démesurément longues, ce qui implique donc une augmentation du budget militaire pour la défence d'icelles, budget qui brime le développement économique ou la consommation, ce qui conduit à un appauvrissement de la population et donc à la baisse des recettes fiscales. Pour y remédier, il faut sans cesse accentuer le despotisme à l'intérieur de l'empire et, au début, une politique de rapines en dehors de l'empire (pour ramener à Rome le pognon qui y manque). Mais ça, c'est au début du processus... Arrive un moment ou les ressources de la défense engloutissent trop d'argent, ou l'appauvrissement du peuple tarit la possibilité de trouver des recrues assez vigoureuses. Donc, finito les conquêtes de rapine au-delà du Limès. Pire encore, cet affaiblissement génétique du peuple de l'empire conduit à recruter de vigoureux immigrés pour assurer la défense de l'Empire.
Alors ? Vous trouvez pas ça plus convaiquant et logique que l'explication du connard communiste suscité ?
(je bémolise tout de même ma propre analyse qui est simplifiée à l'extrême, mais, je me tue à le répéter, la forme même du blog implique cette faille).
Gurfinkiel continue son article par quelques points bien plus intéressant, notamment l'influence directe du déclin démographique sur l'économie : "le dépeuplement des villes entraîne la disparition d’un personnel capable de maintenir en état les acquis matériels du passé, comme le système routier, l’acheminement de l’eau potable sur de longues distances, l’irrigation, les moulins hydrauliques ; celui des campagnes entraîne une réduction de la production agricole ; la diminution des ressources en eau et en vivres aggrave la vulnérabilité devant la maladie ou une émigration vers des régions préservées. Enfin le déclin général diminue les capacités militaires ou sécuritaires de l’Empire".
On ne peut qu'être d'accord avec cette analyse. (Mais expliquer ce déclin démographique par le saturnisme est décidément trop grotesque).
On ne peut, en revanche, d'un point de vue social-royaliste, qu'être en désaccord avec le parallèle que fait Gurfinkiel entre déclin démographique romain et contemporain.
"L’Occident est entré lui aussi dans un cycle oliganthropique : la natalité, au sein des populations de souche, n’assure plus le renouvellement des générations. Ce phénomène est pour l’instant masqué par l’augmentation de l’espérance de vie : les vieilles générations « pleines » coexistent avec les jeunes générations « creuses ». Mais cela ne peut durer. La génération du « baby boom », née entre 1941 et 1965, quitte la vie active et commence à être laminée par les décès. Il se pourrait également que, d’une manière plus générale, l’Occident soit menacé par de nouvelles épidémies ou pandémies, du fait de l’épuisement graduel des remèdes chimiques (malaria, grippe), de l’émergence de maladies tenues jusqu’à présent pour exotiques (sida, fièvres hémorragiques) ou de la réémergence de maladies tenues à tort pour « éradiquées » (tuberculose, MST, voire variole).
"D’ores et déjà, l’Occident compense son déficit démographique par le recrutement ou l’accueil de populations non-occidentales. Celles-ci ne constituent pour l’instant que des minorités en termes absolus ou relatifs. Mais le coefficient décisif, en l’occurrence, c’est la part qu’elle représentent au sein des générations les plus jeunes (moins de 25 ans), susceptibles de mener une vie sexuelle active et donc d’enfanter pendant les trente ans à venir. Or sous cet angle, les immigrés non-occidentaux sont en situation de force, et capables d’imposer rapidement une parité avec les autochtones.
"L’oliganthropie et son corollaire, l’appel aux non-Occidentaux, pèse d’ores et déjà sur l’économie, la vie politique, la culture, la religion, les capacités militaires. Moins d’hommes, pour paraphraser Jean Bodin, c’est moins de richesses, moins de puissance. Mais faire appel à des hommes marqués par d’autres valeurs, d’autres mémoires, d’autres loyautés, c’est se préparer nécessairement à des compromis, sinon à des capitulations, sur sa propre identité"
Gurf...traa, merde, son nom est trop chiant à écrire, je vais par commoditer le nommer MK. OK? MK, donc, pense que le déclin démographique de l'Occident conduise à de nouvelles épidémies. Je suis en désaccord total sur ce point. Pourquoi ? Parce que selon moi, c'est l'importation de dizaines de millions de pauvres, asiates, nord-sahariens et subsahariens, qui entraine la recrudescence d'épidémies (on signale, pas loin de chez moi, le retour de la...coqueluche (!) -et je suis sûr que c'est pas par l'intermédieur de Hubert-Valéry-Patrick-Stanislas de Montmorency ou de Charles-Henri Du Pré...).
Ce n'est pas leur faire injure que de dire des pauvres qu'ils sont en général moins bien soignés et moins bien-portants que les riches! Et le germe, il le sent, ça. Malin, le germe.
Donc, les épidémies ce n'est pas Malthus, c'est l'immigré !
Là ou je suis encore moins d'accord, c'est sur les deux phrases suivantes : "l’Occident compense son déficit démographique par le recrutement ou l’accueil de populations non-occidentales." / "Moins d’hommes, pour paraphraser Jean Bodin, c’est moins de richesses, moins de puissance."
La première de ces phrases me semble vraiment simpliste. Le Bangladesh, le Nigéria, le Pakistan, l'Indonésie, le Mexique, les Philippines, etc. regorgent de cette "richesse que d'hommes". Dois-je ajouter quelque chose ?...
La seconde de ces phrases me semble absurde. L'occident n'a AUCUN besoin de "compenser" ce "déficit démographique". Déficit qui est plutot preuve de la sagesse de l'inconscient collectif occidental. Car en effet, il n'y a PAS de déficit. Regardez le schema suivant :

On le voit, plutot que de "déclin", moi je parlerais plutot de "délirante explosion". Et encore,je ne parle pas du peak oil, qui aura tôt ou tard fait de nous ramener, de force, sous la barre des 40 millions d'âmes (si on a du bol), voire à celle, traditionnelle, des 20 millions (là, ça sera la spatiomerde...).
Les fous dangereux à la Michel Debré rêvaient d'une France de 100 million d'habitants (avec du bon béton et autoroutes à la Pompidou, je présume...l'horreur totale!). Tout cela pourquoi ? Pour ce rêve fou, cette illusion d'optique historique de la France comme puissance mondiale (je ferai un billet sur ce thème pour montrer que ça n'a jamais été le cas ni ne le sera jamais, et que c'est tant mieux puisque nous n'avons pas la vocation impériale).
La France de 2012 est désormais peuplée de 65 millions d'habitants (en comptant les boulets dom-tomiens, sans compter les boulets clandestins). 5 millions de plus en 12 ans ! De la folie.
Ahhh, oui, j'en entend certains dire "oui, mais nos retraites, hein? Faut bien du sang frais pour les payer".
À cet argument limite draculesque (je me dois de le souligner), j'objecte que 99% de ces vagues de chance pour la France 1)ne travaillent pas 2) ou travaillent au black 3) ou tirent les salaires à la baisse -ce qui diminue les recettes de l'état pour...les retraites 4) vivent de trafic (d'où coût pour la collectivité en frais de police, de justice, de nettoyage de tags, de dents cassées à soigner aux urgences, etc.) 5)envoient une Gross part de leurs gains à leur famille, là-bas, à Ouadagougou-les-Oies 5) constituent 99% de la clientèle des CAF ou CPAM (je le sais, j'y vais, et le 1% c'est moi!).
Autant pour vos futures mirifiques retraites payées par l'immigration, messieurs !
[Et puis d'ailleurs poussons ce raisonnement débile jusqu'à l'absurde : si vraiment l'immigration est 1)une chance pour la France 2)enrichit la nation 3)va nous fournir 12000 euros mensuels de retraite à chacun, pourquoi cette timidité ? Pourquoi pas carrément inviter 1 million d'immigrés à devenir français tous les mois ? La fête du slip républicain ! En route vers la France de 200 millions d'habitants ! Bisque bisque rage, Allemagne !
la France aux 100 millions, yeahhh..
µ
µ
µ
La monarchie n'était pas fédéraliste ni régionaliste !
Je précise en titre cette évidence connue de tout Honnête Homme, savoir que la lutte contre les régionalismes ET les langues régionales, ne date pas de l'avènement de la république, comme le croient d'un émouvant unanimisme nationaux-républicains, zidentitaires et maurrassiens.
Malheureusement, l'influence méphitique de ces trois courants de pensée a imbibé de sa glue nos manuels scolaires, nos élèves français et hélas, aussi, l'immense majorité des historiens (sans parler des journalistes).
Voici une preuve éclatante qu'ils ont, tous, tort ; et que j'ai, je, raison :
L'INTERDICTION DE LA LANGUE CATALANE EN ROUSSILLON PAR LOUIS XIV
EDIT DU ROI
LOUIS PAR LA GRÂCE DE DIEU, ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE: A tous présent & à venir. SALUT. Depuis plus de quarante ans que NOUS possédons en pleine Souveraineté les Comtés & Vigueries de Roussillon & Conflans, qui nous ont été cédés avec une partie du Comté de Cerdaigne, par le Traité de Paix des Pyrénées, les procédures des justices subalternes desdits Pays, les délibérations des magistrats des villes, les actes des notaires & autres actes publics, ont continué à y être couchés en langue Catalane, par un usage que l'habitude seule a autorisé.
Mais comme outre que cet usage répugne & est en quelque sorte contraire à Notre Autorité, à l'honneur de la Nation Française & même à l'inclinaison des habitants desdits Pays, lesquels en toutes occasions ne témoignent pas moins de zèle et d'affection pour notre service que nos anciens sujets: Ils en reçoivent d'ailleurs beaucoup de préjudices, en ce que pour faire instruire leurs enfants dans ladite langue Catalane, & les rendre par là capables d'exercer les charges de judicature & de magistrature; Ils se trouvent obligés de les envoyer étudier dans les villes de la domination d'Espagne, ce qui leur cause de grands frais.
Nous avons jugé que pour remédier à ces inconvenients, il était à propos d'ordonner qu'à l'avenir toutes les procédures & les actes publics qui se feront dans lesdits Pays, seront couchés en langue Française: SAVOIR faisons que pour ces causes & autres bonnes considérations, à ce Nous mouvans, de notre certaine Science, pleine Puissance & Autorité Royale : Nous avons dit, statué, déclaré & ordonné, disons, statuons, déclarons & ordonnons par ces Présentes, signées de notre main;
VOULONS & nous plaît, que d'orénavant & à commencer du premier Mai prochain, toutes les procédures qui se feront dans les Sièges & Juridictions desdits Pays de Roussillon, Conflans & Cerdagne; comme aussi les délibérations des magistrats des villes & des communautés, les actes des notaires & généralement tous autres actes publics qui se passeront esdits Pays, seront mis & couchés en langue Française, à peine de nullité.
DEFENDONS à tous avocats, procureurs, greffiers, notaires & autres, de ne se plus servir pour cet effet de la Langue Catalane, & aux juges et magistrats de la souffrir, ni de prononcer leurs jugements ou délibérations qu'en langue Française.
SI DONNONS EN MANDEMENT à nos amis & fidèles conseillers, les gens tenant notre Conseil Superieur de Roussillon, que ces Présentes ils aient à faire lire, publier & observer, sans permettre qu'il y soit contrevenu en aucune manière: Et afin que ce soit chose ferme & stable, Nous avons fait mettre notre sceau à cesdites Présentes.
DONNÉ à Versailles au mois de Février, l'an de grace mil sept cent, & de notre règne le cinquante septième.
Signé, LOUIS : Et sur le repli, Par le Roi, LE TELLIER, Visa PHELYPEAUX, & Scellé du grand Sceau de cire verte pendant avec lacs de soie verte & cramoisi.
Lu & publié l'Audience tenant, à ce requerant le Procureur General du Roi, ce jourd'hui 2 Avril 1700.
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dans ta face, connard régionaliste
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Le clash des civilsations ?...
Une partie de mes lecteurs va me trouver niais pour le coup, mais je m'en branle. Cette vidéo m'émeut. Vraiment.
Dédicace aux haineux à la Guy Milière, Yves Roucaute et autres connards de Riposte Laïque.
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Clip sur l'histoire de france en cartes, sur fond de Game of Thrones
Je n'ai pas vraiment fini de la fignoler, il manque des dates, des noms de lieux, mais j'avais trop hâte de la publier !
(oui, je sais, le titre de ce billet est nul, mais si vous saviez à quel point ça me broute d'être obligé de foutre un titre à chaque fois que l'envie me prend de poster quelque chose...)
Nicolas Lebourg, universitaire républicain de gauche
Au hasard des pages web, je suis tombé sur un article de Nicolas Lebourg. Il ne m'a pas fallu longtemps pour étiqueter l'individu : un national-républicain de gauche, vaguement chevènementiste, abominant le courant social-libéral de Terra Nova. Bref, un homme appréciant sans doute Brighelli, Montebourg, Todd, Marianne, voire même Guaino. Un homme dont l'idole (dixit sa page FB) est Saint-Just.
Accordons-lui cet honneur, Lebourg est bien plus cohérent dans sa grille de lecture idéologique que les tenants de la gauche blairiste.
Par contre, pour un royaliste conséquent, en l'ocurrence, je, c'est l'ennemi idéologique à abattre. Pourquoi ? Parce que le national-républicanisme a réussi, via sa propagande historique, à lier la nation et la république. Tant que ce mythe perdurera, il sera très difficile de montrer aux électeurs l'impossibilité ontologique de cette alliance. Je le redis, je le répète : la république ne peut pas admettre la frontière, ne peut pas admettre l'ethnos. En effet, par exemple, la république française se retrouve idéologiquement désarmée face à l'immigration. Oh, certes, elle dira à qui mieux-mieux qu'elle défend la citoyenneté, donc le distingo français/étrangers, mais elle ne peut pas résister au slogan "je paye mes impots, je travaille, j'ai donc le droit de voter ici". En effet, d'un point de vue républicain, la naturalisation de cette sortie de citoyen doit aller de soi. Et au bout du compte, on finira par se retrouver avec une majorité de citoyens français de jeune souche [j'ouvre ici une incise pour dénoncer l'absurdité de l'expression "français de souche" car elle ne veut RIEN dire. Ce qui est sous-entendu dans cette expression est en fait "français de vieillesouche" . En effet, un naturalisé de fraîche date peut légitimement se dire "de souche", ladite souche étant récente, voilà tout]
On me rétorquera que certains nationaux-républicains s'opposent à l'immigration de masse, à la naturalisation des clandestins et tutti quanti.
Oui, et ?
Pour quel résultat ?
Leur grande peur, via ces naturalisations et cette immigration n'est pas le changement de l'ethnos français mais la montée du FN.
Autant dire qu'ils n'ont aucun argument idéologique en défaveur de l'immigration. Au contraire même, pas mal d'entre eux rêvent, grâce à cette immigration, de voir un jour apparaitre la France aux 100 millions d'habitants, cettr Plus Grande France qui, enfin, domptera la vilaine Allemagne.[incise 2 : on reconnaîtra dans l'expression "Plus Grande France" un avatar contemporain du colonialisme, idée des lumières républicaines s'il en fut.]
Mais j'aurai l'occasion de revenir plus avant sur mon cher national-républicanisme (notamment via cette effarante interview). Je voulais au départ, ici, décortiquer légèrement l'horrible style universitaire qu'utilise le citoyen Lebourg dans cet article consacré au fascisme dans Star Wars. Le style mais aussi les erreurs (ou mensonges?) historiques d'icelui contenues.
Comme à mon habitude, les citations de l'article seront en bleu.
"La seconde trilogie a beau être ce qu’elle est(...)"
En effet, la seconde trilogie est "ce qu'elle est", merci du renseignement.
"pour faire à dessein allusion à Evola."
"pour reprendre la terminologie weberienne"
Deux hommages dès le premier paragraphe. Ça, c'est le péché mignon des universitaires, qui se sentent mal à l'aise si leur texte ne comporte pas de notes en bas de page, ou de références. [Incise : les notes de bas de page se retrouvant, hélas, conformément à l'immonde tradition des éditions de la Pléiade, en fin de volume, ce qui est une torture particulièrement vicieuse).
"[Annakin] n’a jamais été bon : dès l’épisode deux c’est de la graine de fasciste"
On notera ici la manifestation de l'inconscient national-républicain, qui assimile "bon" et "antifasciste". Même moi je pense qu'il est possible à un républicain, à un libéral, à un homme de gauche, à un communiste, voire même à un trotskyste ou un nietzchéen d'être bon. (mais un peu couillon sur les bords, certes).
"l’agir politique tel que l’avait défini Carl Schmitt : la désignation de l’Ennemi"
On se demande bien comment faisaient les hommes politiques avant Carl Schmitt...
"il est le vecteur d’une palingénésie cosmique et personnelle désignée par la dernière version DVD"
ALERTE : style universitaire imbitable en vue !
"On ne recitera pas tous les travaux de Roger Griffin désignant en l’exaltation palingénésique le cœur de l’idéologie fasciste…"
Genre on le cite tous les jours, ce Roger Griffin. Ça va les chevilles ?
Par ailleurs, il me semble, moi, que le coeur (c'est-à-dire l'élément central, celui qui a rendu cette idéologie populaire) de l'idéologie fasciste était la fusion du national et du social (1). Parce que bon... je vois mal le prolo de Dortmund, le paysan de Lombardie ou l'artisan bavarois bander pour l'exaltation palingénésique...
"Dark Vador avait jusque là agi selon la parfaite politique d’un empirisme total, provoquant l’annihilation de Alderaan, la planète de la Princesse Leïa, non mû par une quelconque haine génocidaire mais juste parce qu’il en a la possibilité."
Alors là, je m'insurge ! D'abord, "parfaite politique d'un empirisme total", ça veut peut-être faire genre, mais ça ne veut RIEN dire. Ensuite, ce n'est pas Vador qui a décidé la destruction d'Alderande (et non Alderaan, pignouf à VO!) mais le gouverneur Tarkin. Et cette destruction n'a pas été faite "juste parce qu'il en a la possibilité" mais pour anihiler tout esprit de révolte par la terreur. (Après, que ce soit efficace ou non, c'est pas le sujet).
"Jusqu’à lui sont peut-être parvenus des cris de l’Italie fasciste « travailler, haïr, se taire »"
Il semblerait effectivement que Mussolini ai employé cet horrible slogan, mais dans UN discours (du 27 octobre 1930) dont on ne connait ni le sujet ni le contexte. De là à le généraliser par l'utilisation de la formule "les cris de l'Italie fasciste", il y a une marge (mais pour un républicain de gauche, les scrupules de la vérité ne comptent pas).
Evoquant encore la destruction d'Alderande, l'auteur continue : "Le courant culturellement dominant de l’extrême droite allemande d’avant le III Reich, la Révolution Conservatrice, voit là clairement illustrer sa conception de l’usage des méthodes de la modernité pour effectuer un retour à un ordre Traditionnel (je refais référence à Evola en mettant la majuscule, on peut penser aujourd’hui à l’obsession technologique de l’Iran des mollahs pour avoir une idée)."
Perso, je vois pas trop le lien entre la destruction d'une planète et le "retour à un ordre Traditionnel" (fusse avec un T majuscule), mais bon... Je vois encore moins le rapport avec le programme nucléaire de l'Iran. Mais il est vrai que Lebourg écrit aussi là....
"Il [Vador...] détruit cette planète, il tue et massacre, parce qu’en lui résonne également le slogan que Schmitt légua aux nazis « Ennemi Total, Guerre totale, Etat total » (chaque élément engendreant le suivant). Est-ce une coïncidence si l’Empereur n’abolit le Sénat, factice mais présent depuis vingt ans, pour enfin atteindre à la totalité de l’Ordre Nouveau, qu’au moment où la planète est sacrifiée ?"
Oui alors là, désolé, cher Lebourg, mais oui c'est une coïncidence. Dans l'épisode IV, le gouverneur Tarkin explique clairement que l'empereur a décidé de dissoudre le sénat parce qu'il y avait une possibilité qu'il soutienne la rebellion. (et puis vous imaginez vous, Palpatine se dire "on a détruit une planète en 2 secondes ? Cool ! Tiens, je vais dissoudre le sénat" ? L'enchainement d'idées n'est pas logique. La dissolution du sénat était une réforme administrative visant à transférer du pouvoir du corps législatif aux haut-fonctionnaires).
Mais le passage le plus choquant est celui ou (encore à l'aide de Schmitt ! il a bon dos, ce Schmitt !!!) l'auteur attribue aux nazis le concept de guerre totale. Quand on sait quelles crottes de mouche furent les bombardements de Londres, Guernica (2) ou Coventry comparés aux holocaustes de Dresde, Hambourg, Berlin, Nuremberg, Tokyo, Hiroshima, Nagasaki ; quand on connait la différence de traitement des prisonniers de guerre entre ceux de la Wermacht et ceux de l'US Army (pour ne rien dire de l'Armée Rouge!), cette affirmation de Lebourg est une vaste blague, une atroce plaisanterie.
"C’est la « guerre totale » joyeusement hurlée par Goebbels, simplement parce que la possibilité existe et qu’elle ouvre la voie à un avancement définitif du projet totalitaire sith. Et quelle plus parfaite allégorie de l’Etat fasciste que cette armée uniquement faite de clones ?"
Là encore, on hésite : l'auteur est-il un ignare total ou un menteur sadique ? La guerre totale, notamment par l'utilisation au maximum du potentiel industriel, ne fut mise en place en Allemagne qu'après 1941, soit bien après l'URSS. Et Goebbels ne devait pas se marrer tout les jours, à savoir les formidables machines de guerre russes et américaines grignoter peu à peu les territoires occupés par l'Allemagne nazie écrasée de bombes au phosphore.
Ensuite, il faut savoir, cette guerre totale de l'empire galactique, c'est parce que "la possibilité [de la faire] existe" ou parce que [l'étoile de la mort] ouvre la voie [à l'écrasement des rebelles] ? Dans un cas, c'est gratuit, dans l'autre, c'est réfléchi. Mais bon, soyons indulgents. La cohérence, le poids du sens des mots, ça n'est pas le fort du national-républicanisme de gauche...
Enfin, permettez-moi de loler haut et fort à l'affirmation selon laquelle l'armé fasciste idéale serait composée de clones. La lecture de la plus vulgaire page wiki sur l'histoire militaire de 39-45 montre bien qu'au contraitre, l'autonomie dans l'action de l'officier, du sous-officier et même du soldat, faisait partie des principes tactiques élémentaires de la Wermacht. C'est bien plus au soldat communiste de Staline ou aux boys soumis à l'intendance de Roosevelt que devrait s'appliquer cette formule d'armée de clones.
L'auteur jette maintenant un oeil sur les Jedis. Je vous le dis tout de suite, le paragraphe suivant est pour moi imbitable.
"Héros fasciste donc Dark Vador. Mais les Jedï valent-ils mieux ? Quand ils ne chutent pas dans le monde moderne c’est, justement, au profit d’un immersion dans un naturisme radical, qu’un historien comme Pascal Ory désigne comme au centre de la pensée fasciste. Les voici prêts au sacrifice du politique, du progrès, au profit d’un idéologie totalisante du rapport de l’homme à l’Univers, obsédée par la décadence matérialiste et le caractère négatif et décadent de l’intrusion des masses dans le processus historiques ayant mis fin à l’ordre républicain."
Si vous, lecteur, avez compris ce que Lebourg voulait dire, faites-le moi savoir, merci.
Quant au dernier paragraphe, c'est le plus WTF ?! qui soit :
"En somme l’univers star warsien est celui d’un impossible choix entre un fascisme spiritualiste et conseilliste (les Jedï) et un matérialiste, technologique et étatiste (l’Empire). La seule solution raisonnable pour Dark Vador est dès lors l’intrusion dans le continuum spatio-temporel afin d’assassiner Kennedy. CQFD."
(1) Le facisme et le nazisme fusionnaient effectivement le national et le social, mais ils n'étaient pas les seuls. C'était aussi le cas du gaullisme, du péronisme, du travaillisme brésilien, du bonapartisme ou du baassisme.
(2) Guernica, ou l'incarnation la plus pure de l'expression "tempète dans un verre d'eau". Tout ce pataquès pour 126 morts. Lol.
PS : non, il n' a pas de photos ni de légendes drôles pour accompagner cet article. Il est déjà assez long comme ça pour que je me fade encore de recherches google image et use mon cerveau à trouver ces saillies drolatiques que vous appréciez tant.
carte des pays victimes des USA
Incluant coups d'Etats financés, guerres, bombardements. Carte non-exaustive avec peut-être un "h" dans "exaustive", vous vérifierez. Cliquez pour agrandir.



