Il y a tout d'abord le mal de tête classique, le douloureux, le migraineux, celui qui vous fait vous trainer sur le lit dans le noir en priant pour avoir un ongle incarné, une colique ou une jubilatoire diarrée. Celui qui vous martèle l'arrière de l'oeil, le front ou la moitié du crâne. Celui qui vous fait vous lever la nuit, en sueur et vomir.

Le voici :

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En général, ce gros mal de tête ne dure pas (en cas de crise grave, deux-trois jours).



Et puis il y a la variante vicelarde, le léger mal de tête.

Celui-là peut durer une semaine, dix jours, toujours là, jamais assez fort pour vous permettre de vous plaindre décemment, jamais absent pour se faire oublier. Là le soir, avant le provisoire soulagement du sommeil, et là le matin, quelques secondes après le réveil.

Seul une éjaculation peut, quelques instants, vous le faire oublier, mais il revient (de toute façon, le mal de tête qui ne dure pas ne vous met pas vraiment en mode baise).

Efferalgan, doliprane, aspirine, rien n'en vient à bout. Il salit tout, tel une laideur de béton au sein d'une cité médiévale, il est présent. Il est possible pour ceux qui ne sont pas souvent sujets (le mot correspond exactement à la situation) de ces maux de faire quelque chose (je me souviens des mots de Dantec écrivant qu'un simple mal de crâne n'allait pas l'empêcher d'écrire son Théâtre des Opérations ; je n'aime pas Dantec mais je l'ai admiré ce jour-là).
Oui, pour cette catégorie de la population, il est possible d'agir.

Mais lorsque vous subissez ce bombardement psycho-neuronal depuis vingt-cinq ans, vous en arrivez à éprouver une telle haine contre ce mal qu'il, que...que vous ne pouvez plus penser à rien d'autre.


Et voilà à quoi ressemble le léger mal de tête

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Moche, ce ciel, non ?

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